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jeudi 8 octobre 2009

Jusqu'au 8/10, vraiment ?

本站正在系统维护,欢迎您10月8日回来 !
Běn zhàn zhèngzài xìtǒng wéihù, huānyíng nín 10 yuè 8 rì huílai!
Notre site est actuellement en révision de sécurité,
nous vous accueillerons à nouveau à partir du 8 octobre !

Tel est le message que la censure chinoise offre sous des illustrations de circonstance - celle qu'offre les célébrations du 60ème anniversaire de la fondation de la RPC -, à ceux qui veulent visiter en ce moment certains sites proposant des textes érotiques de la littérature chinoise des siècles passés. Il me faudra donc attendre pour retrouver les bonnes versions de ces œuvres marquantes, et notamment celle mise en ligne par OMIGAR du Rouputuan 肉蒲團 qui sera le sujet d'attraction d'un atelier de traduction que je vais (gracieusement) tenir le dimanche 8 novembre entre 9 h (!) et 10h30 (Espace Van Gogh) dans le cadre des 26e Assises de la traduction littéraires en Arles (ATLAS). J'ai jeté mon dévolu sur un passage du chapitre 14 auquel Li Yu 李漁 avait donné le commentaire suivant :
En achevant de lire ce chapitre, vous reprocherez peut-être à son auteur sa partialité en arguant que son système d’évaluation des rétributions manque par trop de consistance, et vous penserez que, si de son côté Weiyangsheng, en tant que coureur de jupons, mérite pleinement de se voir rétribué par l’octroi d’une épouse dévergondée, Tiefei daoren, homme vertueux, ne mérite pas, quant à lui, une fille qui prend la poudre d’escampette. Car enfin, si le Maître du Ciel [Tiangong 天公] veut nous détourner du vice, il tient sûrement à nous inciter au bien. Pour ma part, je m’inscrirai résolument en faux contre ce jugement et défendrai que ce genre de rétribution démontre précisément la clairvoyance du Souverain Céleste. Et voilà pourquoi : durant toute sa vie, Tiefei daoren n’a eu un seul ami, n’a pas fait la moindre rencontre - ce qui est faire preuve d’une misanthropie pour le moins excessive. Mais, pire encore, il s’est révélé d’une intransigeante pingrerie, laquelle s’est manifestée par des actes d’une extrême bassesse, comme lorsqu’il n’accordait à ceux qui louaient ses terrains en friche qu’une seule année de gratuité du loyer alors que la coutume dicte d’en offrir trois, ou encore lorsqu’il accablait son monde de tâches ménagères sans même offrir la moindre rétribution. Comment, après tout cela, pourrait-il être soustrait à toute rétribution des actes ?
Un solitaire atrabilaire aura une descendance vouée à péricliter. Porté à son extrême, ce genre de comportement ne mène qu’à des actes d’une nature dénuée de tout sentiment humain et, à la fin, cet excès de misanthropie conduit celui qui s’y livre à contrarier l’harmonie céleste et le condamne à la déchéance. Voilà une matière à laquelle tout ceux qui se conduisent en homme de bien [junzizhe 君子者] se doivent de prêter attention. Maintenant, si l’auteur punissait le vice avec une trop grande indulgence, quel profit en tirerait les gens ?
Depuis toujours, bien lire consiste à considérer les choses sous tous les aspects et non à partir d’un point de vue unique. Cette sorte d’écrit ne déroge pas à la règle [從來看書之法要看四面不可看一面此纇是也]. [PK (trad.), in Jacques Dars, Chan Hingho, Comment lire un roman chinois. Arles : Picquier, 2001, pp. 193-194].
Le plus piquant dans cette affaire de censure ciblée et, je l'espère, momentanée, c'est que les services chargés de la mettre en œuvre ont retenus trois illustrations et non une. Voici, ci-dessous, les deux autres.


Dernière minute (13/10/09, 23:19) : Tout est bien qui finit bien et la promesse est tenue. Les sites bloqués pendant les festivités du 60ème anniversaire sont à nouveau accessibles. La preuve, ici !

mercredi 11 octobre 2006

9781579584412

9781579584412 est l'ISBN de l'Encyclopedia of Erotic Literature, éditée par Gaëtan Brulotte et John Phillips qui vient de paraître chez Routledge (New York et Londres). Elle coûte pas moins de 289 € sur Amazon.fr, 321 € sur la version allemande du fameux site de vente par internet, 202 £ sur l'anglaise, 285 $ sur l'américaine, 47.123 Yen sur la japonaise et 277 CDN$ sur la canadienne.

L'ouvrage est publié en deux beaux et gros volumes : le volume 1 couvre les lettres A à K, soit d'Abélard and Héloïse au russe Mikhail Kuzmin (1872-1936) ; le volume 2, la fin de l'alphabet, soit de L. Erectus Mentulus (Lupton Allemong Wilkinson, c. 1900-1993) à notre bon Emile Zola (1840-1902). Chaque volume présente le même index de 203 pages et est précédé de 36 pages proposant une introduction, la liste des auteurs et celle des quelque 500 entrées (formatée en essais de 1000 à 8000 mots). Le texte présenté sur deux colonnes court sur 1468 pages.

La littérature chinoise y est traitée en 27 articles dont voici le détail (avec le cas échéant, une ou deux informations sur le contenu, ainsi que le nom de l'auteur de la notice) :

1/ Admirable Discourses of the Plain Girl : pp. 7-8. Le Sunü miaolun présenté par André Lévy (Université de Bordeaux) qui l'a traduit sous le titre Le sublime discours de la fille candide (Picquier, "Pavillon des corps curieux", 2000).
2/ Art of the Bedchamber Literature : pp. 78-83. Long article de Douglas Wile (Brooklyn College CUNY), auteur de Art of the bedchamber : The Chinese Sexual Yoga Classics (Albany, NY : SUNY, 1992) dont il fournit là une utile synthèse.
3/ Bai Xingjian : pp. 101-102. Frère du poète Bai Juyi, Bai Xingjian (?-826) est crédité par Douglas Wile du Tiandi yinyang jiaohuan dale fu [Prose Poem on the Supreme Joy of the Sexual Union of Yin and yang, Heaven and Earth].
4/ Ban Jieyu : pp. 108-109. Poètesse chinoise ayant vécu vers - 48 jusqu'à 8 av. J.-C., créditée de deux fu et dont l'œuvre est présentée par Claude Fouillade (New Mexico State University).
5/ Bi Yu Lou [The Jades Pavilion] : pp. 141-143. Le pavillon des jades (Picquier, "Le Pavillon des corps curieux", 2003) par son traducteur (PK, Université de Provence).
6/ Books of Odes [Shih-Ching] : pp. 153-154. Le Shijing par Olivia Milburn (University of London).
7/
Cao Xueqin (1715-1764) : pp. 200-201. L'auteur du Hongloumeng et son œuvre par Andrew Schonebaum (Barnard College).
8/ Collected Writings of Fragant Elegance
: pp. 267-271. Long article d'André Lévy sur la collection Xiangyan congshu élaborée par un certain Zhang Tinghua au début du XXe siècle.
9/ Deng Xixian : pp. 331-332. Le Zijin guangya da xian xiuzhen yanyi et son auteur - un "Chinese sexual alchemy writer" mort après 1594 -, présentés par A. Lévy.
10/ Dengcao heshang zhuan [The Candlewick Monk] : pp. 332-334. Le Moine mèche de lampe (Picquier, "Le Pavillon des corps curieux", 1998), par son traducteur (PK).
11/ Ge Hong (283-343) : pp. 527-528. Excellent article de Philippe Che (Université de Provence) sur l'auteur qu'il a déjà présenté et traduit en français (La voie des divins immortels, Gallimard, "Connaissance de l'Orient", 1999).
12/ Huang : pp. 647-648. Xia Tingshi (1316-1368), alias Huang à qui l'on doit le Qinglouji - anthologie de portraits de chanteuses/actrices -, présentés par A. Lévy.
13/ Jin Ping Mei [Plum in the Golden Vase] and Gelian Huaying [Flower Shadows behind the Curtain] : pp. 698-702. Article non signé (!) sur le meilleur des Quatre romans extraordinaires des Ming et sa suite.
14/ Jingu qiguan [The Oil Vendor Who Conquers the Queen of Beauty] : pp. 702-703. Présentation par A. Lévy de la fameuse anthologie de contes du XVIIe siècle et d'un de ses chefs-d'œuvre, avec une référence au conte qu'en a tiré Li Yu (1611-1680) et à la traduction que j'en ai donné sous le titre de "Reine de cupidité".
15/ Li Yu : pp. 809-813. Li Yu (1611-1680), ses contes, ses nouvelles et son roman, Rouputuan [Chair, tapis de prière], par votre serviteur (PK).
16/ Lü Dongbin : pp. 836-837. Lü Yan (755-805) pour le Chunyang yanzheng fuyou dijun jiji zhiming par A. Lévy.
17/ Lü T'ian-chêng : pp. 837-839. L'auteur, Lü Tiancheng (vers 1580 - vers 1620), et le roman Xiuta yeshi présentés par A. Lévy qui oublie de signaler que le roman a été traduit en français : Histoire hétérodoxe d'un lit brodé (Huang San, Lionel Epstein (trad.), Picquier, 1997).
18/ Mao Xiang (1611-1693) : pp. 857-858. D. Wile s'attache au Yingmei'an yiyu que M. Vallette-Hémery a rendu en français sous le titre de La Dame aux pruniers ombreux (Picquier, 1992)
19/ Sexual Alchemy Literature, Chinese : pp. 1208-1210. Douglas Wile, à nouveau.
20/ Shangqing Huangshu Guoduyi [Yellow Book Salvation Ritual of Highest Purity] : pp. 1218-1220. Douglas Wile, encore.
21/ Sun Wei (Xe s.) : pp. 1261-1262. Pour ses Shennü zhuan [Biographies of Goddesses], par A. Lévy.
22/ Szû-ma Hsiang-ju (mort en 117 av. J.-C.) : pp. 1270-1272. Le grand poète Sima Xianru par O. Milburn.
23/ Tang Yin (1424-1524) : pp. 1275-1276. Pour son Sengni niehai (Moines et nonnes dans l'océan des péchés, Picquier, 1992), présenté par A. Lévy.
24/ Yaohu yanshi [The Voluptuous History of Fox Demons] : pp. 1443-1444. Galantes chroniques de renardes enjôleuses (Picquier, "Le Pavillon des corps curieux", 2005), par PK.
25/ Zhang Zu (né en 657, mort en 730) : pp. 1457-1458. A. Lévy sur le Yu xianku [Visiting the Fairy Cave] attribué à Zhang.
26/ Zhaoyang qushi : pp. 1459-1460. Traduit en français sous le titre de Nuages et pluie au palais des Han (Kontler, trad., Picquier, 1990), il est présenté ici par Wu I-Hsien (Columbia University).
27/ Zhulin Yeshi [Unofficial History of the Bamboo Grove] : pp. 1460-1462. Traduit en français sous le titre de Belle de Candeur (C. Kontler (trad.), Picquier, 1990), ce roman est ici présenté par A. Schonebaum.

Un constat s'impose :

• 8 (ou 9 : l'article sur Jin Ping Mei ?- n° 13) signatures seulement qui se répartissent la charge de la manière suivante : A. Lévy, 10 entrées (n° 1, 8, 9, 12, 14, 16, 17, 21, 23 et 25) ! ; D. Wile, 5 (n° 2, 3, 18, 19 et 20) ; PK, 4 (n° 5, 10, 15 et 24) ; O. Milburn (n° 6 et 22) et A. Schonebaum (n° 7 et 27), 2 ; P. Che (n° 11), C. Fouillade (n° 4) et Wu I. (n° 26), une.
• surtout, l'ouvrage ne propose que 27 entrées seulement pour un corpus bien plus vaste dont l'inventaire serait à entreprendre.
• ce choix dépend du reste en grande partie de celui réalisé voici plus de 40 ans déjà par Robert H. van Gulik pour son incontournable Sexual Life in Ancient China: A Preliminary Survey of Chinese Sex and Society from ca. 1500 B.C. till 1644 A.D. (Leiden : E.J. Brill, 1961) [La vie sexuelle dans la Chine ancienne. (Louis Evrard, trad.) Paris : Gallimard, "Bibliothèque des histoires", 1971].

Beaucoup reste donc à faire en vue d'une hypothétique réédition augmentée de cette très riche encyclopédie qui réserve de bonnes surprises, et qui peut rendre de véritables services autant au chercheur qu'au simple curieux de la littérature érotique mondiale.

lundi 25 septembre 2006

1/1

Quoi de plus rébarbatif en apparence que l'exploration d'une base de données bibliographiques ou la consultation d'un fichier de bibliothèque ? Pourtant ceux des grandes bibliothèques chinoises réservent toujours d'heureuses surprises : la présence d'un livre qu'on n'espérait plus trouver, la révélation d'ouvrages dont on ne connaissait pas même l'existence, et puis la localisation d'éditions rares jamais signalées dans les meilleurs index spécialisés.
Le fichier central de la Bibliothèque Nationale de Chine 中国国家图书馆 m'a fourni tout récemment tout cela et bien plus, savoir une occasion rare dans un lieu consacré à l'étude, d'éclater bruyamment de rire. La raison de cet écart aux règles en vigueur dans ce temple de la recherche, écart qui est du reste passé totalement inaperçu, se trouve sur la photo ci-contre. Ce cliché d'écran correspond à la recherche 'ouvrages en langues occidentales sur Li Yu'. Cette recherche ne donne curieusement qu'une seule fiche et laisse de côté une multitude d'ouvrages bien plus intéressants que celui-ci. Ainsi va la vie et les mystères des catalogues.

Il n'empêche que le plat de résistance pour moi (deux belles éditions du Shi'er lou 十 二樓) se trouvait non pas dans le déjà vieux bâtiment de la nouvelle BNC - lequel va faire peau neuve très prochainement -, mais dans l'ancien bâtiment de la Wenjin jie 文津街 à deux pas de Beihai 北海 au NO de la Cité interdite. L'endroit est propice à l'étude et conserve le charme - et les inconvénients - de ma première visite ... il y a 20 ans !

Trêve de propos oiseux, il me reste à mettre au clair une masse de notes prises à la volée qui, à elle seule, justifie pleinement d'avoir passé dix jours en terre chinoise.

Quelques photos de mon séjour dans la capitale sont visibles à partir d' ici.

mardi 13 juin 2006

Ad gloriam

Un nouveau volume de l'Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire vient de sortir (Paris : Collège de France - Institut des Hautes Etudes Chinoises, "Mémoire de l'IHEC", vol. VIII-5, 2006, 320 p. - Diffusion De Boccard).

Il fournit les résumés de 85 contes de 5 collections, soit les 40 récits du Xing shi yan 型世言 [Contes exemplaires, 1632, XSY] découvert à Séoul par Chan Hing-ho en 1987 dans l'ancienne bibliothèque royale, les 18 [12 + 6] Wushengxi 無聲戲 de Li Yu 李漁 [Comédies silencieuses, 1654-1656 ?, W I et W II], les 12 Doupeng xianhua 豆棚閒話 [Propos oiseux sous la tonnelle aux haricots, 1681 ?, Dp], les 5 Yunxian xiao 雲仙笑 [Les rires du génie des Nuées, avant 1673, YX] et les 16 Xihua jiahua 西湖佳話 [Belles histoires du lac de l'Ouest, 1673, Xj]. Ils sont signés par Chan Hing-ho et Angel Pino (XSY), Jacques Dars (Xj), Rainier Lanselle (W I, Dp) et moi-même (W II, YX).

Quel que soit le regard que l'on porte sur le contenu de ce cinquième volume qui, comme le signale l'avant-propos, "complète les quatre premiers" en "en prolongeant la chronologie", d'une part, et en "en comblant les lacunes", d'autre part, sa publication constitue un événement particulièrement notable.

Ceux qui utilisent de longue date ce travail mis en chantier par André Lévy voici trente ans, savent les services immenses que rendent ces notices aux spécialistes du roman chinois ancien, mais aussi à ceux qui veulent mieux comprendre la société chinoise de la fin de la période impériale.

Voici, pour les autres, un rapide rappel des étapes qui ont précédé cette nouvelle publication :

• le premier volume (vol. VIII-1, 347 pages) entièrement de la main d'André Lévy a été publié en 1978. Il traitait 79 contes : les Qingpingshantang huaben 清平山堂話本 (29 contes, Q), les quatre Xiong Longfeng xiaoshuo 熊龍峰小說 (Xl), une demi-douzaine de pièces dites anciennes (Pd) et le premier recueil des San yan de Feng Menglong, soit le Gujin xiaoshuo 古今小說 (rebaptisé Yushi mingyan 喻世明言, 40 contes, S I)

• le deuxième volume de l'inventaire (vol. VIII-2, 461 pages), pour moitié du même auteur et pour l'autre moitié reposant sur l'assistance de 8 collaborateurs, paraît en 1979. Il prenait en compte les deux autres volumes des San Yan, soit les 80 contes du Jingshi tongyan 警世通言 (40 contes, S II) et du Xingshi hengyan 醒世恆言 ( 40 contes, S III).

• le troisième volume (vol. VIII-3, 526 pages), sortit en 1981, réunissait 79 notices dues à 12 collaborateurs. Il s'attachait aux recueils de Ling Mengchu, ses Pai'an jingqi 拍案驚奇 (P I & P II).

• il fallut attendre 1991, pour voir paraître le quatrième volume (vol. VIII-4, 378 p.). Fruit de la collaboration de 14 personnes, il réunit 96 récits de six recueils : Shi dian tou 石點頭 (14 contes, D), Xihu erji 西湖二集 (34 contes, X), Huanxi yuanjia 歡喜冤家 (24 contes, H), Yi pian qing 一片情 (14 contes, YP) et Qing ye zhong 清夜鐘 (16 contes, Y).

C'est donc pas moins de 15 ans après que ce volume qui devrait être l'avant dernier de la série voit enfin le jour grâce à la pugnacité de Chan Hing-ho. Souhaitons que le sixième volume souhaité et déjà bien avancé, soit bouclé et diffusé avant ... 2026. Il devrait s'attacher à plusieurs collections importantes dont Longyang yishi 龍陽逸史 (20 contes), Zuixing shi 醉醒石 (15 contes) et Fengliu wu 風流悟 (8 contes) ; je devrais y contribuer pour les 12 nouvelles du Shi’er lou 十二樓 , les 6 contes subsistants du Shi'er xiao 十二笑 , les deux rescapés du Huzhong tian 壺中天, voire les quatre du Zhaoshi bei 照世杯.

Qui vivra verra.

jeudi 25 mai 2006

Baidu-Li

Se référant à un article du Financial Times du 11 mai 2006, le service en ligne de BBC News annonçait (le même jour) la naissance du Wikipedia chinois et en dénonçait les limites :

China's leading web search company has launched an online, user-generated encyclopedia modelled on the US-based Wikipedia, which is blocked by Beijing. The new service from Baidu.com, Baidupedia, is heavily self-censored to avoid offending the Chinese government. Wikipedia had become increasingly popular in China until blocked in 2005. China has strict laws on internet use and blocks content it deems a threat, including references to the Tiananmen Square massacre and notable dissidents.

L’excellent blog d’Imagethief [Confessions of an American Spin Doctor in Beijing] reformulait dès le lendemain les données du problème dans un article intitulé Baidupedia dont voici l’essentiel :

Baidu has launched it's own user-generated encyclopedia, filling the gap that has existed since the Chinese authorities decided that Wikipedia was a swamp of dangerously controversial agitprop and punted it outside the great firewall:
The new service from Baidu.com, Baidupedia, is heavily self-censored to avoid offending the Chinese government. (...) Baidu has barred users from including any "malicious evaluation of the current national system", any "attack on government institutions" or even "promotion of a dispirited or negative view of life". This would be entirely in keeping with the standard Chinese government approach of setting vague guidelines, giving you a hard stare, and then letting you censor yourself far more effectively than they ever could. It also ensures that essentially any material deemed objectionable for any reason whatsoever can be deemed to transgress against at least some aspect of the content restrictions.

Nevertheless, Baidupedia (or 百科, which is both shorthand for the Chinese word for encyclopedia, 百科全书, and agreeably close to 百度) now claims almost 110,000 entries, putting it substantially ahead of Wikipedia's 67,000 Chinese entries [维基百科,自由的百科全书].

Anyway, a quick'n'shallow search for the old "Tian'anmen Square" litmus topic reveals articles on the banalities of the square's construction, history, and dimensions (this one in particular is
worth a read if you want to be overcome by revolutionary spirit); the Monument to the People's Heroes; modern Chinese architecture; Beijing's Xicheng and Dongcheng districts; the PLA Type 99 tank; China's national day, etc.
Seems ready for mass consumption.

In fact, the expected paucity of controversial topics aside, I am all for China having its own wiki-style encyclopedia, although it's a shame they can't now contribute to the original Wikipedia. In fact, as a regular user of the actual Wikipedia, I can report that somewhat tighter editing and management hand might serve it well also, although I'd stop short of the political controls.


Imagethief ajoutait aussitôt une note fournissant les réponses (ici en italiques) du responsable marketing du site chinois aux accusations portées contre Baidu Baike de piller Wikipedia :

"The sharing of information is instrumental in the development and the continuity of knowledge."
The act of sifting out relevant information and editing is in itself a process of information packaging, he pointed out. "Baidu Baike has a rigorous copyright system to protect the rights of the original contributor and editor of an entry," he said.
Yes, the sharing of information is,
de facto, instrumental in the development and continuity of knowledge. But usually the small matter of attribution is also considered important. If they're unclear on the concept, perhaps they can look it up in an encyclopedia.

Il ne restait plus qu’à voir comment ce Wiki-chinois traite Li Yu.

Aussitôt dit, aussitôt fait, en un clic apparaissait une
notice, dûment illustrée de la photo déjà utilisée ici pour MEA CULPA. En quelque 2000 caractères sont évoqués des éléments de la vie de Li Yu, principalement après 1666. L’accent est surtout mis sur son Xianqing ouji 闲情偶寄 pour lequel une rubrique a même été créée. Les autres œuvres ne sont qu’évoquées dans une énumération finale.

Rien de bien renversant donc. Si lecteur sinisant en a plus que dans le
Wiki-libre, il ne trouve plus de bibliographie. Par contre, il peut pousser sa recherche un peu plus loin et avoir, chemin faisant, d’agréables surprises.

La recherche sur Li Yu révèle un aspect de Baidupedia à explorer plus avant. Le moteur de recherche propose, en effet, un choix d’une soixantaine d’entrées de type encyclopédique dont une sur Patrick Hanan, mais conduit également vers des entrées d’un dictionnaire qui s’appuie sur des citations de textes de Li Yu (romans, pièces de théâtre).

La source utilisée n’est pas signalée. Dans les cas consultés, il s’agit du monumental Hanyu dacidian 汉语大词典 supervisé par Luo Zhufeng 罗竹风, publié par les éditions Hanyu dacidian (Shanghai) d’abord en douze volumes en 1986, puis plus récemment (1997) en trois gros volumes fort peu maniables et depuis peu sur support numérique.

Ainsi donc, à l’usage, Baidupedia (Baidu baike 百度百科), dont l’existence vient d’être signalée aux membres de l'Association française d'études chinoises dans sa dernière lettre d’information (n° 52), pourrait devenir un outil utile au sinologue en chambre. Il semble pourtant moins prometteur que le Baidu guoxue 百度国学, qui devrait répondre encore mieux à ses attentes.

samedi 13 mai 2006

Traduttore fedele

La recherche bibliographique sur internet réserve toujours à qui peut y consacrer un peu de temps, quelques jolies surprises. En voici une nouvelle preuve.

Je connaissais (depuis fort peu de temps, je dois l’avouer) l’existence d’une traduction italienne du Rouputuan. On la doit à Anna Maria Greimel qui traduisit le roman en 1973 sous le titre d’Il tappeto da preghiera di carne (Milan, Sonzogno, coll. “I classici dell’erotismo”, 383 p. avec une introduction de Renata Pisu).

La notice qui m’en a informé, en reste à l’idée ancienne et erronée que Li Yu aurait écrit le roman en 1934, à l’âge de 26 ans. Elle n’indique pas s’il s’agit d’une traduction originale d’après le chinois ou bien, plus vraisemblablement, réalisée à partir d’une traduction déjà publiée. Si c’est effectivement le cas, ce pourrait être soit l’allemande de Franz Kuhn (Jou Pu Tuan : Ein Erotisch-Moralisher Roman aus des Ming-Zeit (1633). Hambourg, 1933), soit l’anglaise de Richard Martin d’après Kuhn (Jou Pu Tuan. The Prayer Mat of Flesh. New York, 1963) soit la française publiée chez J.-J. Pauvert en 1962 , La chair comme tapis de prière, comme le laisse supposer le titre retenu. Les autres traductions parues depuis (P. Hanan, The Carnal Prayer Mat, NY, Ballantine, 1990 - la meilleure - ; Corniot, 1991 ; Voskrisenski, 2000) sont naturellement toutes hors de cause.

J’ai aussi récemment trouvé la référence à la traduction italienne que Roberto Buffagni avait donné, sous le titre d’Una torre per il calore estivo, de A Tower for the Summer Heat recueil de six nouvelles tirées du Shi’er lou de Li Yu traduites par Patrick Hanan (NY, Ballantine, 1992).

La notice mise à disposition par le site Tuttocina.it [Il portale sulla Cina] signale du reste qu’il s’agit d’une traduction de l’anglais [Traduzione (dall’inglese)]. L’ouvrage de 240 pages, a été publié à Milan, par les éditions Feltrinelli, dans une collection intitulée “Universale economica” en 1994.

Mais, quale sorpresa ! de trouver, sur le même site, la référence à un petit volume de 46 pages proposant une traduction italienne d’un conte des Wushengxi de Li Yu et surtout de découvrir son titre qui en rappelle un autre :

A marito geloso moglie fedele

Autore : Li Yü ; Editore : Meravigli, Vimercate ; Collana : Libri di Una sera ; Prima edizione : 1994 ; Pagg. : 46 ; Traduzione e introduzione : Valentino De Carlo

Vengono scomodati anche gli dèi e i testimoni defunti per risolvere una complessa vicenda giudiziaria che vede contrapposti un marito geloso e la moglie sospettata di averlo tradito. Il giudice Bao saprà ricomporre la lite con molta astuzia: la pace familiare verrà ristabilita e l’onore dei coniugi sarà salvo. Li Yü (1611-1680), grande narratore della letteratura cinese classica, ci offre un testo divertente in cui si prende gioco con ironia del rapporto tra i sessi e delle buone convenzioni sociali.

Le résumé proposé montre bien que le conte en question est celui qui raconte comment la femme d’un bachelier, accusée d’adultère par un plaisantin, intente un procès à son mari , risible cocu imaginaire, pour retrouver son honneur perdu. Chargé de l’affaire, le Juge Bao doit en appeler aux esprits pour raccommoder les époux désunis. Mais rien n’est dit de la traduction.

Le site de la librairie Marco Vasta, ne donne pas non plus d’indication d’un emprunt possible à une traduction française déjà existante, savoir “A mari jaloux, femme fidèle”, ma traduction d’un conte du deuxième volume des Wushengxi parue chez Picquier dans le volume paru sous ce titre en 1990 (pp. 91-132).

Le lien entre les deux traductions semble évident, car ce titre arrêté au dernier moment voici 16 ans [contre une autre option qui était “Le cocu imaginaire”], ne figure pas dans le texte de Li Yu. Pour l’heure, je ne sais pas si Valentino De Carlo s’est ou non seulement contenté de s’inspirer du titre. Je suis impatient d’en avoir le cœur net.

Justement, sur son site de vente en ligne, la Libreria Rinascita (librerieitaliane.net) le propose toujours, mais chez un autre éditeur, La Spiga, à 1,55 €. Il est même annoncé “Disponible”. Pourquoi se priver ?

En attendant, j'ai mis en ligne une page proposant une trentaine de couvertures de livres offrant des traductions de Li Yu. On peut la consulter en cliquant >> ici <<.

lundi 8 mai 2006

Wiki-Li

Le 24 mars dernier, je m’amusais des efforts réalisés par un site chinois de propagande culturelle dans leur présentation de Li Yu et de son œuvre. Plus d’un mois après - comme le temps passe vite ! -, c’est à L’encyclopédie libre Wikipédia de faire les frais de mon mauvais esprit.

Ceux qui ne connaissent pas encore Wikipédia peuvent s’informer aussi rapidement qu’en détail de la nature de cette entreprise en cliquant >> ici <<>> là <<>> là << et la soumettre à sa propre évaluation.

J’ai pour ma part taper ‘Li Yu’ pour découvrir une micro notice sur le grand poète 李煜 Li Yu (937-978). J’ai alors tenté ‘Li Liweng’ pour aboutir au bon Li Yu (李漁) et découvrir cette notice :

李笠翁 Li Liweng, connu aussi sous le nom de 李漁 Li Yu (1611-1679 ?), est un écrivain chinois de la dynastie des Qing. Dramaturge, romancier (auteur en particulier du Tapis de prière en chair), essayiste, homme de théâtre et éditeur, il est un des meilleurs représentants des lettrés qui prônaient les plaisirs de la vie.

C’est mieux que rien, mais un peu maigre. Merci tout de même à Gbog [qui semble être le maître d’œuvre du riche site Wengu 溫故]. En attendant plus, on peut toujours compléter à moindre frais cette contribution déjà ancienne [26/11/2003] en consultant le versant anglais de Wikipedia, ce que j’ai fait.

On y trouve une notice plus longue et d’autres dates de naissance - 1610 au lieu de 1611 -, et de mort - 1680 au lieu de 1679 ?. La biographie de Li Yu a évolué lentement depuis le 8 mai 2004, date de sa mise en ligne. Elle prend un tour plus conséquent un an et un jour plus tard, soit le 9 mai 2005, par l’ajout d’une bibliographie offrant une liste de traductions et d’études.

Cette liste est loin d’être exhaustive, mais elle n’est pas négligeable. On y trouve même deux titres en russe qui sont, non pas des études, mais des traductions dues à D. N. Voskrisenski. Le plus drôle, en ce qui me concerne, fut d’y découvrir cette référence :

▪ Li Yu: À mari jaloux, femme fidèle, by Pascale Frey 1998

Une petite recherche sur le nom de la personne qui se trouve créditée de ‘ma’ traduction de cinq contes tirés des Wushengxi m’a conduit au site de la revue Lire qui avait, lors de sa parution en novembre 1998, signalé la réédition en poche de cet ouvrage publié en 1990 :

À mari jaloux, femme fidèle par Pascale Frey - Lire, novembre 1998

Li Yu a failli devenir mandarin. Il sera écrivain. Né en 1611, mort en 1680, Li Yu devient romancier à la chute de l'empire Ming. Il publie notamment les
Comédies silencieuses, de courts récits à l'ironie mordante, dont sont tirés les cinq contes amoureux qui paraissent ici sous le titre évocateur A mari jaloux, femme fidèle.

Et voilà, la signataire de ces quelques mots de présentation [quasiment tous empruntés à mon introduction] qui se retrouve à la place du traducteur ! Quant à Jacques Dars, il se fait voler, tout bonnement, la vedette par ... son propre éditeur :

▪ Les carnets secrets de Li Yu, un art du bonheur en Chine, PHILIPPE PICQUIER, Edité par Jacques Dars, 2004.

Ces erreurs se retrouvent avec de légères variations dans le Wikipedia allemand : les deux titres quittent, en effet, la rubrique ‘traduction’ pour passer dans le registre des ‘études’ sous cette nouvelle présentation :

▪ Pascale Frey: Li Yu: À mari jaloux, femme fidèle (1998).
▪ Philippe Picquier: Les carnets secrets de Li Yu, un art du bonheur en Chine, 2004

La version chinoise [accessible à l'adresse http://zh.wikipedia.org/wiki/李渔], pour sa part, se conforme à la version anglaise de cette bibliographie un peu cavalièrement établie que l’on doit à Gisling, un Canadien qui se passionne non seulement pour certains auteurs chinois comme Zhang Dai (张岱), mais également pour l’art des jardins, le thé, l’actrice Josephine Siao Fong-Fong (蕭芳芳) et la belle Su Xiaoxiao (蘇小小).

Il ne reste plus qu’à faire le ménage. Qui s’y colle ?

vendredi 24 mars 2006

Mea culpa

Pour inaugurer cette nouvelle rubrique, je vais m’attacher - plutôt qu’à énoncer une profession de foi et des objectifs datés -, à dénoncer une petite erreur, une infime bévue qui s’est glissée dans un texte consacré justement à Li Yu 李漁.

Le mal n’est pas bien grand et, qui plus est, limité à la version française d’un des sous-chapitres du chapitre 15 de l’encyclopédie en ligne China ABC [Zhongguo baike 中国百科] sous site du sous site français du mega site web de la C[hina] R[adio] I[nternational] Online [Zhongguo Guoji Guangbo Diantai 中国国际广播电台].

Or donc, on trouve sur cette page, agrémentée du cliché représentant la statut de Li Yu qui trône au Jieziyuan 芥子園 - sorte de Musée dédié à Li Yu construit à Lanxi 蘭溪 (près de Jinhua 金華 au Zhejiang 浙江) -, une courte biographie intitulée “Li Yu, auteur dramatique chinois du 17e siècle”.

Celle-ci reprend les faits les plus connus et les plus souvent imaginés concernant Li Yu. Il insiste sur l’originalité du parcours de cet auteur dramatique qui en plus d’avoir composé “une grande quantité de pièces de théâtre, a également formé une troupe pour les interpréter”. Il rappelle qu’il fut “metteur en scène”, et qu’il “s’est également fait remarquer comme écrivain.”

“On peut ainsi citer « A mari jaloux, femme fidèle », « le Pavillon des jades » ou son roman le plus célèbre « De la chair à l’extase ». En puisant son inspiration dans ses propres expériences et connaissances, Li Yu a exploité un certain espace de création que seul un caractère individualiste prononcé pouvait développer. Dans ses romans, l’utilisation le plus souvent de la critique inversée était en fait un moyen de s’opposer à certaines idées traditionnelles.”

Ce n’est pas le concept de “critique inversée” qui m’a le plus fait sourire, mais le choix des titres retenus pour évoquer l’œuvre romanesque de Li Yu. Passe encore qu’on y retrouve les titres des traductions parues chez Picquier, savoir A mari jaloux, femme fidèle pour rappeler les Wushengxi 無聲戲 et De la chair à l’extase pour Rouputuan 肉蒲團, mais là où cela déraille, c’est lorsque le rédacteur en vient à évoquer Shi’er lou 十二樓 qui ne peut naturellement pas donner Le Pavillon des jades !

Un coup d’œil sur certaines des quarante autres versions [savoir l’anglaise, la japonaise, la mongole, l’arabe, la coréenne, la vietnamienne, la tchèque, l’italienne, la polonaise et l’allemande, sans oublier la version en espéranto et une autre dont je vous laisse deviner l’origine] montre que l’on a, à chaque fois, affaire à une variation plus ou moins libre réalisée à partir d’un même texte en chinois qui n’est pas celui proposé en caractères simplifiés, ni même celui en caractères non simplifiés.

Qu’elle que soit sa source, chaque traducteur s’est trouvé confronté à des titres qu’il a choisi de traiter à sa manière : contourner la difficulté en sautant le passage, retenir la facilité en les transcrivant en pinyin, sans remettre au chinois en les utilisant tel quel comme dans le cas du japonais ou encore, effort notable, en faisant œuvre créatrice en les traduisant, ou, ... simplement, en en donnant l’illusion.

Gageons que notre traducteur francophone - lequel ne se débrouille pas si mal que cela -, a dû hésiter un moment avant de se résoudre à emprunter des titres déjà utilisés à un catalogue d’éditeur ou un site web.

C’est ainsi que pour Shi’er lou, à la place de Douze pavillons [traduction pas forcément idéale, mais pratique et parlante], nous n’en avons plus qu’un seul en jade !

Ceci dit en passant, Le Pavillon des jades, traduction de Bi Yu Lou 碧玉樓 ne figure pas au catalogue Picquier en ligne nouvellement ouvert et accessible > ici < , pas plus que dans le dernier catalogue papier de l’éditeur ! Son avenir est sans aucun doute compromis. Ce n’est, fort heureusement, pas le cas des Carnets secrets qu’évoque notre traducteur inconnu sous le titre piquant suivant : « Lettres des humeurs ».

vendredi 28 octobre 2005

De Kong à Li

Fini, achevé, bouclé, plié, empaqueté, ficelé : ouf ! Exit Lin Yutang, exit Confucius. Vive le reste, tout le reste ....

Un peu plus de sept mois se sont écoulés depuis la création de la rubrique Confusionisme dans ce PiKaBlog. Sept mois fort occupés. Celui qui s’achève le fut quasi exclusivement au toilettage de La Sagesse de Confucius pour les Editions Philippe Picquier. J’avais en mars dernier des doutes sur la nature du projet. Maintenant, j’ai des certitudes : The Wisdom of Confucius n’est pas un bon Lin Yutang.

Avec la fin de ce marathon somme toute enrichissant (bien que fort modestement rémunérateur), j’aspire à un court repos, repos que j’estime bien mérité n’en déplaise à ceux qui liront l’ouvrage en question dans quelques semaines. Malheureusement, les conditions pour en jouir ne sont pas réunies : un nouveau site à alimenter (PiK-UP) et du retard dans la mise à disposition de cours : patience, patience, svp, merci ! Dans tous les cas, je vais mettre un peu de distance entre moi et Confucius.

Par la même occasion, s’en est peut-être fini aussi (pour un temps au moins) de cette rubrique (en tout 26 entrées, celle-ci comprise). Elle m’aura été d’un grand secours pour rédiger la préface que je viens de livrer. On y retrouve beaucoup d’éléments égrainés au fil des mois du “Confucius de ...” à cette recherche en paternité de la latinisation du nom du Maître. Ceci administre la preuve qu’on ne perd pas forcément son temps à bloguer. Au contraire, c’est un excellent moyen d’accumuler des notes (plus ou moins rédigées) qui n’attendent qu’une occasion de prendre du service dans un autre contexte. Certes, certaines rubriques n’ont pas grand-chose à livrer à la postérité, mais elles n’en constituent pas moins un utile exutoire, et à ce titre, méritent d’exister.

Puisque je veux, dès que possible, me replonger dans Li Yu, je vais devoir créer une rubrique sur mon auteur chinois préféré. Mais comment l’appeler ? Certes, il n’y a pas le feu. Le projet qui va m’occuper dans les 18 mois à venir est la traduction du Shi’er lou de cet auteur d’exception. 12 nouvelles en tout ! Un gros morceau.

samedi 1 octobre 2005

With a BIG help from my friends

J'ai sans doute tort de me réjouir des progrès accomplis dans le travail car je suis encore empêtré dans le bourbier Lin Yutang et ne suis pas prêt d'en sortir. Pouah ! Mais tout de même, les fardeaux qui pesaient sur mes épaules toutes ces dernières semaines, se sont considérablement allégés :

• exit la révision des épreuves des notices pour le cinquième volume de l'Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire en préparation depuis ... au moins ... 15 ans ! Pour ceux que cela passionnerait le volume est consacré aux collections de contes suivantes :

Xin shi yan 型世言, Xihu jiahua 西湖佳話, Doupeng xianhua 豆棚閒話 , Wushengxi 無聲戲 et Yunxian xiao 雲仙笑.

Comptez sur moi pour signaler, le moment venu, la publication de cet ouvrage attendu depuis si longtemps. Sait-on jamais !

• exit aussi les notices pour l'Encyclopedia of Erotic Literature à paraître chez Routledge. J'ai livré, ça y est, ouf !, la veille du jour présenté comme étant le dernier des derniers délais ! Les notices pour Bi Yu Lou 碧玉樓 , Yaohu yanshi 妖狐艷史 et surtout l'article sur Li Yu 李魚 et son Rou putuan 肉蒲團 sont allés rejoindre celle du Dengcao heshang zhuan 燈草和尚傳 qui avait pris les devants avec seulement deux mois de retard. Pour mémoire, l'article sur Li Yu (3300 mots) aurait dû être envoyé début mai, les autres (de 1000 mots chacun), un mois plus tard ! Bon, donc aucune raison de fanfaronner d'autant que si j'ai pu remplir mon contrat, c'est grâce à l'assistance de bons amis qui m'ont aidé à faire passer ma prose en anglais et que je tiens à remercier chaleureusement.
Or donc, merci à François V. qui a planché sur deux rubriques, Lee Mack, citoyen américain que je n'ai pas le plaisir de connaître mais qui a gentiment accepté de fignoler le Moine Mêche de Lampe, et, last but not least, Victor T., 'The Great', qui n'a pas ménagé sa peine et a fait des prouesses depuis un Hong Kong caniculaire et trépidant. Merci et bravo.
Finalement, il aura fallu, en tout et pour tout, huit mois et demi pour boucler le dossier !

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, les concepteurs de BlogWave Studio ont refait surface, après une longue absence causée par des 'internal issues' (sic), avec la promesse de la sortie de leur 'next product' pour janvier 2006, nouveauté que les détenteurs de licence se verront offrir gracieusement. Qui vivra verra.

jeudi 26 mai 2005

Beida online

Beida comme si on y était, ou presque.

L'internet permet dorénavant de suivre des cours de littérature chinoise ancienne dispensés à des étudiants chercheurs de l'Université de Pékin (Beijing daxue). Grâce à Internet Explorer, RealOne Player et une connection à haut débit, on peut ainsi pénétrer dans un amphi flambant neuf de la prestigieuse université chinoise.

Pour l'instant, seuls trois cours sont disponibles. Un cours sur le poète Du Fu par le Pr. Qian Zhixi, un sur les prosateurs des Tang, par le Pr. Ge Xiaoyin et un autre sur nul autre que Li Yu 李漁 (1611-1680) par le Pr. Liu Yongqiang. (Voir photo ci-contre).
Pr. Liu aborde en 52 minutes et 58 secondes "La création romanesque de Li Yu", devant un public peu fourni, principalement composé de jeunes filles.

La difficulté ne vient pas de ce que le cours soit donné en chinois, mais que le serveur de l'université ne livre son contenu que par paquet d'octets et non, comme on pourrait l'espérer, en flot continu. Il faut sans doute s'installer dans cette classe virtuelle au moment où elle est le moins fréquentée. En fait, au bout de cinq minutes, l'image n'apporte rien et l'on se contente du son.

samedi 15 janvier 2005

Qu'on se le dise

Agréable surprise ce matin au courrier :

Dear Mr. Kaser, I hope you will forgive the intrusion, but I am writing to you you on the recommendation of XXXXXX. I am the development (in-house) editor for the Encyclopedia of Erotic Literature, to be published by Routledge in 2006. Edited by Dr. Gaëtan Brulotte of the University of South Florida and Dr. John Phillips of London Metropolitan University, the Encyclopedia will contain more than 600 alphabetically organized articles in two volumes. We plan to make this the definitive reference work on the genre, serving students, researchers, scholars, and the general public in academic and public libraries around the world for many years to come. At this time, we have more than half of the manuscript in-house, and we are now commissioning authors for the second half of the encyclopedia. It was XXXX's suggestion--and our hope--that you might be able to recommend some potential contributors for the entries on Chinese literature, and perhaps suggest the inclusion of any topics or authors we may have neglected. Of course, if you would be interested in contributing any of the articles yourself, we would be delighted. .../... If any strike you as particularly appropriate for scholars you know, we would be grateful if you could forward this message to them, or provide contact information (if they are amenable) and I can contact them myself. As far as administrative matters go, our standard deadline is three months after the date the contract is issued, but we can be flexible if you need a bit more time. For honoraria, we offer $.05 per word for articles up to 2000 words; for articles or groups of articles of over 2000 words, we offer a set of the Encyclopedia plus $.05 per word over 2000 if applicable. I thank you in advance for any recommendations that you might be able to provide, and we would be honored to include your scholarship in this project as well. For an overview of the project and what we are trying to accomplish, you may wish to visit the project web site at http://www.routledge-ny.com/enc/eros/. Of course, should you have questions regarding any of the topics or the encyclopedia as a whole, I will be happy to answer them.

Après réflexion, j'ai décidé de proposer une participation symbolique avec une longue rubrique sur Li Yu et son Rouputuan, et trois courtes sur les romans traduits par Aloïs Tatu pour les Editions Picquier. Avis aux amateurs.

jeudi 13 janvier 2005

Carnets secrets

Le volume XXIII (2004) d'Études chinoises vient de paraître. Un beau pavé de 590 pages. (Sommaire consultable sur le site de l'AFEC.)

J'y ai participé en réalisant un compte rendu pour les Carnets secrets de Li Yu de Jacques DARS (Picquier, 2003), qu'on peut lire pages 532 à 540 ou ici.

Sur le site de la revue Lire, Armelle Godeluck a écrit :

Quel joyeux énergumène ce Li Yu ! Un lettré poète, essayiste, dramaturge, un fantaisiste et un esthète, un inventeur et un jouisseur, bref un électron libre qui vécut en Chine de 1611 à 1680. Et qui paya sa liberté d'esprit d'une impécuniosité chronique. De larges extraits de ses Notes au gré d'humeurs oisives nous sont offerts, agrémentés d'estampes (ici, une courtisane). Curieux de tout, du charme féminin comme de l'arrosage des bambous, du plaisir amoureux au printemps comme du secret des nouilles fameuses, Li Yu se laisse boire comme du petit lait.

Elle a bien raison.