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mercredi 19 janvier 2005

Pourquoi faire simple ?

Lu dans le dernier Edward de Bono reçu (Teach Your Child How To Think, 1992) le passage suivant :

The first rule of intellectualism is : 'If you do not have much to say, make it as complex as possible.' A true intellectual has as deep a fear of simplicity as a farmer has of droughts. If there is no complexity, what is there to work or write about ?

La rubrique ("How to be an intellectual") s'achève sur ces mots :

You can be a thinker without being an intellectual. Indeed many intellectuals are not particularly good thinkers.

Par chance, je tombe sur un passage de Simplicity dans lequel E. de Bono s'en prend à nouveau à ce mauvais penchant :

If you want to be taken very very seriously then write a very very complex book - in French, if possible. Several things then happen.

1. If you really have nothing to say, it is better to make it as complex as possible otherwise people will see that nothing is being said.

2. Critics will love the book because they will feel specifically privileged that only they can understand it.

3. Critics will find that there is a lot to write about the book - which is never the case with a simple book.

4. Academics will love the book because obviously the book reeds the special skill of the academic for its interpretation to ordinary people.

5. No one will dare criticize the book because they are never quite sure that they have understood it.

6. Any philosopher is free to read into the book anything he or she wants because the complexity encourages any interpretation.

7. People will buy the book to show their cultural superiority but will not actually read it.

8. A cult will develop around the mystique of the book.

9. It will naturally be assumed that the author is a very profound thinker struggling to express immensely complex thougths.

10. Any number of self-appointed intellectuals will have very good time enjoying the complexity.

If you think these comments are unfair, just keep them in mind and keep your eyes open. You will find ample evidence to justify them. You wil find a mystique and adoration of the complex by those who cannot understand the simple.


La fin de cette rubrique est aussi très amusante. La voici :

The easiest way to be 'superior' is to understand what ordinary people cannot understand. If the matter is simple, how can you show your superiority ? The pseudo-understanding of what is really unintelligible is a great game - with many players.

Coïncidence

N'est-il pas piquant de recevoir, le même jour, le livre d'Edward de Bono que j'ai cité ailleurs ("Pourquoi faire simple ...") et ce petit ouvrage que Rainier Lanselle a publié aux Editions érès, collection "essaim" pour le compte de la Revue de Psychanalyse ?
Pour ceux qui ne trouveraient aucun rapport entre les deux, je reproduis ici la quatrième de couverture du Sujet derrière la muraille :

Pour rendre compte d'elle-même, la civilisation chinoise a fait usage d'une langue écrite fortement codifiée et située très à l'écart de la langue naturelle. Le sujet, pris dans un tel langage, ne se dit pas, mais se trouve restitué selon un processus qui le retransforme en fonction de l'idéal dont ce code est porteur. A côté de cette langue, " classique ", une deuxième langue, " vulgaire ", a fini par prendre naissance, qui a visé, elle, à reproduire le langage parlé.
La tension entre ces deux modes jette indirectement une lumière sur les visées inconscientes de ce retravail de la réalité du sujet dont est porteuse l'entreprise idéographique : et s'il apparaissait qu'une déhiscence, qu'une fissure dans le système fermé place le sujet à l'abri de la muraille de la perfection reconstituée dans laquelle le code écrit rend compte de lui, mais dans le même temps le rend mutique ? Pris entre deux langages, le sujet ne s'est jamais dit, en Chine, comme sujet. Et pour cause : le système de langage dont il s'est doté a visé à le pourvoir en inviolabilité.
Il n'y a rien qui soit " autre ", dans la civilisation chinoise, ou du moins il ne devrait rien y avoir de tel pour la psychanalyse. Tout au contraire, la Chine doit son système linguistique et scripturaire unique au monde un riche patrimoine de métaphores, qu'il faut regarder comme autant de pierres de touche des processus de l'inconscient.

mardi 11 janvier 2005

Couteau suisse


Une question qui mérite sans aucun doute réflexion :

"Is a Swiss army knife with 2000 features any better than one with just ten ?"

Elle est posée sur la page d'accueil du site du MIT MEDIA LABORATORY
On peut y accéder à partir de page du site du génial John MAEDA qui vaut vraiment une visite.
Son blog vaut aussi le détour.
Un coup d'oeil sur son studio s'impose également.

lundi 10 janvier 2005

Simple comme bonjour

Une pensée d'Edward de Bono tirée de son Simplicity (Penguin, (1998) 1999) qui m'accompagne depuis plusieurs semaines pour inaugurer cette rubrique sur l'art de simplifier :

"It may be better to simplify a process rather than train people to cope with the complexity" (p. 26)

Une foule d'idées stimulantes de cet acabit sur le site de l'homme : http://www.edwdebono.com/