lundi 14 mai 2007

Chez Confucius


En relisant Les derniers jours de Pékin (1900-1901) de Pierre Loti (14 janvier 1850- 10 juin 1923), je suis tombé sur cette description du Temple de Confucius visité, à deux reprises, il y a peu. En voici le début :

Quand nous sortons de chez ces fantômes de lamas*, une demi-heure de soleil nous reste encore, et nous allons chez Confucius qui habite le même quartier, la même nécropole pourrait-on dire, dans un délaissement aussi funèbre.
La grande porte vermoulue, pour nous livrer passage, s'arrache de ses gonds et s'effondre, tandis qu'un hibou, qui dormait là, prend peur et s'envole. Et nous voici dans une sorte de bois mortuaire, marchand sur l'herbe jaunie d'automne, parmi de vieux arbres à bout de sève.
Un arc de triomphe d'abord se présente à nous dans ce bois : hommage de quelque souverain défunt au grand penseur de la Chine. Il est d'un dessin charmant, dans l'excès même de son étrangeté, sous les trois clochetons d'émail jaune qui le couronnent de leurs toits courbes, ornés de monstres à tous les angles. Il ne se relie à rien. Il est posé là comme un bibelot précieux que l'on aurait égaré parmi les ruines. Et sa fraîcheur suprend, au milieu du délabrement de toutes choses. De près, cependant, on s'aperçoit de son grand âge, à je ne sais quel archaïsme de détails et quelle imperceptible usure ; mais il est composé de matériaux presque éternels, où même la poussière des siècles ne saurait avoir prise, sous ce climat sans pluie : marbre blanc pour base, faïence ensuite jusqu'au sommet -- faïence jaune et verte, représentant, en haut relief, des feuilles de lotus, des nuages et des chimères.


[Chapitre VIII, "Chez Confucius", p. 1095 de P. Loti, Voyages (1872-1913), Paris, Laffont, "Bouquins", 1991]. * Il s'agit du Yonghegong ou Temple de Lamas

En illustration, un cliché du "grand portique à triple arcature décoré de tuiles vernisées vertes et jaunes" (Guide bleu, 1983, p. 584) pris cet hiver. Pour d'autres clichés du Temple de Confucius prises en septembre 2006, c'est ici. Voir aussi ici.
J'ai remis à plus tard la quête des photos prises en 1986, lors de mon premier séjour à Pékin.

vendredi 20 avril 2007

Sunzi online

Il y a peu et ailleurs, je notais que le Sunzi bingfa 孫子兵法 était l'ouvrage chinois accessible sur le Projet Gutenberg le plus souvent téléchargé dans sa version anglaise. On peut retrouver la même traduction, savoir celle de Lionel Giles (1875-1958), ici, , et encore . C'est, du reste, loin d'être la seule à permettre aux lecteurs anglophones de découvrir ce texte. Il suffit d'aller voir ici, , encore , pour des versions annoncées "complètes".

Pour le texte chinois, on a bien entendu un choix encore plus grand : mais on peut privilégier la version de Zhongwen.com qui présente l'avantage de proposer en regard du texte établi à partir d'une édition dûment signalée, un dictionnaire et des liens vers d'autres outils linguistiques de qualité dont le Guoyu cidian 國語辭典 (Edition de 1998) [on lui préférera quand même la dernière version en ligne]. Certains sites, comme ce dernier, combinent texte et traduction anglaise. C'est encore celle de L. Giles qui revient le plus souvent.

A côté de cette pléthore, la traduction espagnole, consultable ici, fait figure de pauvre orpheline : je n'ai pas trouvé de traduction française disponible sur le net. Même celle du père Amiot (1772), pourtant libre de droit, n'a pas été mise à disposition des internautes francophone *. Elle reste néanmoins facilement accessible grâce aux Editions Mille et une nuits (L'art de la guerre, n° 122, 1996). On ne devrait peut-être pas s'en réjouir tant elle est "personnelle". Il faut donc passer par le livre, et celui de Jean Lévi - mon livre du moment - est, bien entendu, tout indiqué : Sun Tzu, L'art de la guerre. Traduit du chinois et commenté par Jean Lévi. Paris : Hachette ["Littératures" (2000) ou "Pluriel" (2004)]. [En illustration, Sunzi par Qicartoon]

Mais retournons en ligne. Certains sites ratissent plus large que ceux déjà cités en fournissant des grappes de liens vers toutes sortes de domaines d'application du Sunzi bingfa, voir notamment ici : beaucoup de liens veufs au rendez-vous, ce qui, in fine, dispense de faire des détours improductifs.

Le curieux pressé gagnera donc beaucoup de temps en se rendant directement sur Sonshi.com qui se présente comme "The Largest Website for Sun Tzu's Art of War" "supported by over 40 major Art of War authors and scholars". Il propose, outre une foule de documents, sa propre traduction :

"Sonshi.com's Sun Tzu "The Art of War" took over a year to complete. Countless hours were required to meticulously translate each individual character from the original Chinese text, cross referenced with more than six major English editions."

Ce site spécialisé permet aussi de prendre la mesure de l'impact que Sunzi, son texte et ses commentaires ont aujourd'hui dans des domaines, et sur des personnes très éloignés de leur lieu et époque d'origine (voir notamment ici !) en consultant les "Sonshi articles" . Ce sont pour la plupart des interviews de personnalités ayant contribué à mieux faire connaître et apprécié Sunzi et la stratégie chinoise. Parmi eux, on trouve celui de John Minford qu'introduit cette phrase :

Just when we thought a new Sun Tzu "The Art of War" translation is not needed, retired Professor John M. Minford's masterful work proved us wrong.

Je ne retiens qu'un court passage de cet entretien fort instructif :

Sonshi.com : You researched Father Amiot's book -- the first Western translation of The Art of War. Outstanding! What did you think about his translation and why did you decide to research it? In general, do the French read The Art of War as much as the Americans?

Minford : I was interested in Father Amiot as one of the early Jesuits in China. (The Jesuits, and their unique role in transmitting Chinese culture to the West, have long been one of my interests. I am currently working as a Story Consultant for a big Italian movie project about the early Jesuit Matteo Ricci, being produced by Mario Cotone, who did The Last Emperor and Godfather 2.) Father Amiot's version of The Art of War is more of a re-write, and is itself based on a no longer extant Manchu version (complete with running commentary), probably created in the late 17th century for the Manchu ruling class in China. (As conquerors, the Manchus needed to understand how the Chinese thought-for very practical reasons!) Amiot (who knew that his book would be read by the French Minister in charge of Foreign Relations) goes straight to the heart of the meaning of the text, and does not scruple to find fault with Sunzi's thinking where necessary. He was after all a Christian missionary! There is also a recent French translation (which I mention in my book) by Jean Lévi, which is excellent, very strong on commentary and philosophical interpretation. He relies heavily on the thinking of Francois Jullien, one of France's leading sinologists. Yes, the French are very interested in this book. There are several versions available in paperback.

Sonshi.com qualifie la traduction de Minford d'"extremely concise yet complete", et la juge "truer to the original Chinese format than all previously published Sun Tzu versions." Elle existe en plusieurs formats : Sun Tzu, The Art of War. The Essential Translation of the Classic Book of Life. Translated with an Introduction and Commentary by John Minford. New York - London : Viking, 2002, 384 pages (réédition Penguin classics, 2003, Penguin Books, 2006). Depuis 2004, elle est également accessible en format audio, lu par l'actrice américaine Lorna Raver, notamment sur le portail de vente iTunes (Blackstone Audiobooks) : on peut s'en faire une idée en écoutant 1 minute 30 des 9 h 32 minutes de cette réalisation qui ouvre la voie pour un nouveau type de diffusion des travaux sinologiques. Combien de temps faudra-t-il attendre pour pouvoir disposer du dernier François Jullien en MP3 ?

Pour ceux qui n'auraient pas le goût de l'écoute, je propose pour achever ce billet un peu décousu sur un sujet qui m'échappe, une formation accélérée au Sunzi grâce (entre autres sources possibles) à Youtube. Ce film d'animation de 3 mn 32 est "based on the adaptation by the comic master Tsai Chih Chung [蔡志忠], this book serves as the highlight of the Multimedia Book series." Attention, c'est parti !.... enfin, n'oubliez pas de cliquer sur l'écran ci-dessous !


* Complément du 21/04/07.

Je tiens à corriger une erreur : la traduction du père Amiot a été mise en ligne par Pierre Palpant, ici. Il s'agit d' "une édition électronique de “L’art de la guerre”, réalisée à partir de SUN TSE et les anciens Chinois OU TSE et SE MA FA. (Ve au IIIe siècles avant J.-C.). Textes traduits par le P. Amiot, présentés et annotés par Lucien NACHIN (1885-1952). Paris : Collection "Les Classiques de l’art militaire", Éditions Berger-Levrault, 1948, XIX+184 pages.
Mille excuses et bonne lecture !....

mercredi 18 avril 2007

Errare humanum est

Il est toujours cruel de relever les erreurs de traduction des autres quand on les croise, même si c'est, il faut l'avouer, aussi salutaire pour le lecteur de base qui découvre des reliefs inattendus à un rendu qu'il sait dorénavant perfectible, que pour le traducteur novice qui pourrait en tirer des enseignements pour ses prochains travaux. On peut, me semble-t-il, se laisser aller à cette perfidie lorsque le texte fautif prête à sourire et, qui plus est, a été publié voici quelque 80 ans !

L'erreur que je me risque à dévoiler ici - ce n'est pas la seule ici, encore moins dans l'ouvrage -, est d'autant plus piquante qu'elle intervient dans un passage où il est justement question de traduction, et que son auteur dénonce une trahison touchant un texte emblématique de la grande littérature chinoise.

Elle intervient dans un chapitre intitulé "Les lettres chinoises" qui est la version française de "Chinese Scholarship" une des six parties de The Spirit of the Chinese People ouvrage composé en 1914 et anglais par Gu Hongming 辜鴻銘 (1857-1928). Voici le passage en question, rigoureusement livré dans sa présentation d'origine :

Immédiatement après les travaux du Dr Legge, la récente traduction du Roi Nan-hua de ChuangTzu par M. Balfour est une oeuvre de la plus haute ambition. Nous avouons avoir éprouvé, lorsque pour la première fois nous entendîmes annoncer cet ouvrage, une impatience et un plaisir singulier. Le roi Nan-hua est considéré par les Chinois comme une des oeuvres les plus hautes de leur littérature nationale. Depuis sa publication, deux siècles avant l’ère chrétienne, son influence sur la littérature chinoise est à peine inférieure à l’oeuvre de Confucius et de ses écoles. Son influence sur la langue et l’esprit de la littérature poétique et imaginative des dynasties successives est presque aussi exclusive que celles des Quatre Livres et des Cinq Chinois sur les oeuvres philosophiques de la Chine. Mais l’ouvrage de M. Balfour n’est pas du tout une traduction. C’est tout simplement une trahison.

Le texte original est le suivant :

Next to Dr. Legge's labours, Mr. Balfour's recent translation of the Nan-hua King of Chuang-tzu is a work of certainly the highest ambition. We confess to have experienced, when we first heard the work announced, a degree of expectation and delight which the announcement of an Englishman entering the Hanlin College would scarcely have raised in us. The Nan-hua King is acknowledged by the Chinese to be one of the most perfect of the highest specimens of their national literature. Since its appearance two centuries before the Christian era, the influence of the book upon the literature of China is scarcely inferior to the works of Confucius and his schools; while its effect upon the language and spirit of the poetical and imaginative literature of succeeding dynasties is almost as exclusive as that of the Four Books and Five Chinese upon the philosophical works of China. But Mr. Balfour's work is not a translation at all; it is simply a mistranslation.

On le voit, la confusion qui nous vaut d'être gratifié d'un "Roi Nan-hua", est née de l'absence d'italiques dans la version de départ et du choix de la transcription du caractère (jing ) en King pour rendre lisible à des Occidentaux le titre alternatif de l'ouvrage attribué à Zhuangzi 莊子: Nanhuajing 南華經. Celui qui s'est rendu coupable de cette bévue est, finalement, plus à plaindre qu'à condamner. M. P. Rival (?) n'était, sans aucun doute, aucunement versé dans les arcanes de la civilisation chinoise, ce qu'on ne peut guère lui reprocher. Sa traduction - une commande de l'éditeur (Maurice Delamain et/ou Jacques Boutelleau (alias Jacques Chardonne), vraisemblablement -, parut en 1927, à Paris à la Librairie Stock sous le titre L'esprit du Peuple chinois. Le nom de l'auteur y est transcrit ainsi : Kou-Houng-Ming. Il figure dans la "Série Orange" en compagnie d'un Mahatma Gandhi de Romain Rolland (1866-1944), La jeune Inde de Gandhi (1869-1948), Le monde qui naît du Comte H. de Keyserling, L'éthique de Kropotkine (1842-1921) et Siloë de Gaston Roupnel (1871-1946).

Cette traduction de
L'esprit du peuple chinois a été rééditée aux Editions de l'Aube en 1996. Je ne sais pas si cette erreur a, ou non, été corrigée par l'éditeur. Pour ce qui est du traducteur mis en cause par Gu, il s'agit de Frederic Henry Balfour dont la traduction du Zhuangzi fut publiée en 1881 sous le titre The Divine Classic of Nan-Hua, Being the Works of Chuang Tsze, Taoist Philosopher, With an excursus, and copious annotations in English and Chinese by Frederic Henry Balfour (Shanghai - Hong Kong : Kelly and Walsh). Elle a été rééditée en facsimilé par Elibron Classics en 2004 (475 pages). GoogleBooks en offre également un aperçu. On peut se faire une idée plus complète des autres traductions de F. H. Balfour en consultant Taoist Texts, Ethical, Political and Speculative. Shanghai-London : Kelly & Walsh, 1884, à partir d'ici. Sur James Legge (1815-1897) voir ici. L'illustration est tirée d'un portrait de Gu par Liang Danmei 梁丹美(1934-), qu'on peut voir ici.

mardi 20 mars 2007

Astrokongologie

Au lieu de cet "AstroKongologie" pour le moins cavalier, ce billet aurait pu (ou dû) s'intituler "De l'usage (risqué) de l'astrologie dans les études sinologiques", ou si l'on veut se restreindre à un domaine précis "De l'usage (risqué) de l'astrologie dans la 'Kongologie'" plus communément appelée "études confucéennes". Je m'explique.

Kongzi alias Confucius est - comme 32334 autres célébrités, dont 16072 "avec heure de naissance connue" -, honoré d'un thème astral par le site astrotheme.fr. Celui-ci a été consulté pas moins de 840 fois, permettant à Confucius de devenir le 2241° homme et la 3787° célébrité de ce palmarès surprenant dans lequel il figure avec une date de naissance curieusement arrêtée au 28 juillet - 551 - heure de naissance inconnue (sic) - à Chan-Tong (sic) (Chine).

La question que l'on peut se poser est la suivante :
l'astrologie dispose-t-elle d'armes efficaces pour mieux apprécier le plus fameux penseur de la Chine ancienne ? A chacun de juger en lisant ces extraits arbitrairement retenus, ou, pour plus d'impartialité, en se rendant directement sur le site. (ici)

Passons donc sans plus tarder au thème établi - est-il besoin de le signaler et ceci est-il aussi important ? -, à partir d'une date de naissance des plus douteuses. Je rappelle qu'elle est généralement fixée au 28 septembre - 551 ! - mais ceci n'est sans doute qu'un détail.

Après trois chapitres qui accumulent d'indigestes généralités (savoir "
Les dominantes planétaires de Confucius", les "Eléments, Modes et Polarités pour Confucius", les "Dominantes : planètes, signes et maisons pour Confucius"), on aborde (enfin !) le vif du sujet avec une approche de :

1. Sa sensibilité

Vous êtes [sic] sensible à la beauté des choses et vos réactions émotionnelles sont souvent d'ordre esthétique car vous recherchez, jusque dans les apparences, l'équilibre et l'harmonie si nécessaires à votre bien-être. Vous identifiant avec une grande facilité aux uns et aux autres, vous êtes doué pour mettre en valeur ce qu'il y a de meilleur en eux et résoudre avec tact et diplomatie leurs problèmes. Mais, .../..., vous risquez de développer une trop grande dépendance aux autres tant vous souhaitez leur approbation. Cette indécision constante peut être difficile à vivre autant pour vous-même que pour votre entourage car elle vous pousse plus à la contemplation qu'à la création et vous êtes souvent tenté de remettre à plus tard ce que vous avez à faire, à moins que vous ne préfériez user de votre charme pour que l'on se décide à faire le travail à votre place. Mais tant que règne l'harmonie... n'est-ce pas l'essentiel ?

2. Son intellect et sa vie relationnelle

Vous avez [re-sic] une énergie intellectuelle et nerveuse considérable, un bon pouvoir de concentration et une grande détermination. .../... Et gare à celui qui ne partagerait pas vos opinions ! Plus que déterminé, vous saurez alors vous montrer entêté et inflexible car vous n'admettrez pas facilement que l'on trouve à redire sur vos idées ou réalisations. Certains pourraient y voir une manière autoritaire de s'imposer avec même parfois une légère condescendance, mais cela, vous n'en serez pas conscient et continuerez donc de penser que vous avez raison.

3. Son affectivité, sa façon de séduire

.../... Sans doute n'êtes-vous pas l'être le plus extraverti du monde. .../... Quelle que soit l'intensité de l'amour que vous portez à un être, il ne doit pas attendre de vous de fracassantes déclarations. Mais bien plutôt une fidélité sans faille à cet attachement, un dévouement réel motivé par le désir de bâtir une relation privilégiée, isolée, choyée. Il est probable que la tendresse soit la clé de votre épanouissement affectif. .../... Vous appartenez sans doute à cette catégorie d'amant ou d'amante pour qui le temps est un atout plus qu'un ennemi. .../... Votre sensibilité vous porte de toute façon à éviter les excès et débordements et selon vous, faire ainsi permet de trouver le bonheur sans aucun risque.

4. Sa volonté et ses motivations profondes

Psychologiquement, vous êtes d'une nature rêveuse, tournée vers la nostalgie du passé, vers la mère, vers la famille : tout en instinct, tout en protection ou défense de votre être vis à vis de l'extérieur, vous possédez une vie intérieure riche, une imagination fertile voire même infinie, une propension à éviter tout risque inutile, à rechercher la sécurité en ne vous dévoilant que lorsque la confiance est là, une nostalgie du passé pour le sentiment de bien-être qu'il vous rappelle. .../... Vous êtes émotif, sentimental, paisible, imaginatif, sensible, fidèle, résistant, protecteur, vulnérable, généreux, romantique, tendre, poète, paternel ou maternel, rêveur, indolent, gourmand, dévoué, mais vous pouvez aussi être craintif, irréaliste, fuyant, passif, susceptible, angoissé, dépendant, entêté, lunatique, passéiste, paresseux, pesant, casanier ou hermétique. .../... La tendresse compte pour vous plus que la sexualité même si elle est également un facteur de sécurité et de stabilité. Vous appréciez énormément de redevenir le petit enfant gâté que vous étiez, savourant les petits plats ou recevant les compliments réguliers dont vous avez tant besoin pour vous sentir rassuré. .../... Votre foyer sera généralement heureux et riche, calme et harmonieux dans la durée.

5. Sa capacité d'action

Impulsif, impatient, rapide et énergique vous ? Oui bien sûr, . Vous êtes courageux et capable d'efforts intenses et très importants sur une courte durée ; et quel rythme ! Que ce soit dans le sport ou bien sur le plan de la sexualité, vous n'êtes pas du genre à réfléchir, vous agissez, un peu "à la hussarde" et instinctivement.

Bon, abrégeons .....

Vous parlez avec franchise sans vous soucier de l'opinion de l'autre et surtout sans supporter qu'il ne vous freine ou qu'il ne vous juge. Avec vous, cela passe ou cela casse, ce qui fait que tous vos échanges relationnels ne s'embarrassent pas de diplomatie ou de compromis. Vous êtes trop franc et trop entier pour perdre du temps avec de la finesse ou de la ruse mais c'est ce qui fait votre charme d'un certain côté car avec vous au moins, on sait à quoi s'en tenir.

Vient enfin la "
Conclusion" :

Ce texte n'est qu'un extrait du portrait de CONFUCIUS, qui nous l'espérons vous donnera le goût d'approfondir vos connaissances en astrologie et vous incitera à visiter et utiliser les nombreuses applications gratuites de www.astrotheme.fr. Si vous souhaitez obtenir votre propre portrait astrologique, bien plus complet que celui de CONFUCIUS, il vous suffit de le commander votre Portrait astrologique complet ....

Personne ne s'y trompera. Il s'agissait de retenir l'attention du visiteur naïf pour parvenir à lui vendre un service soit personnel - "Un portrait psycho-astrologique complet qui vous apporte bien davantage que toutes les études astrologiques habituelles !", soit en rapport avec l'objet de ses attentions, savoir le "portrait astrologique complet de votre célébrité préférée" lequel se négocie à 17 € 90. Il est "bien plus complet que les extraits de Portraits de célébrités affichés par dizaines de milliers sur Astrotheme". 11 dominantes planétaires avec 57 caractéristiques sont passées en revue, chiffrées et interprétées; vient ensuite un portrait psychologique détaillé : pour vous apporter, dans un document complet de 35 à 40 pages, des informations captivantes et inédites sur... vous-même !"
Qui dit mieux ?

On croit rêver, ou plutôt cauchemarder, car il est même possible d'évaluer sa "compatibilité avec 32312 personnages célèbres" dont Confucius, Gao Xingjian et 112 autres personnalités chinoises. Mais, mieux vaut garder raison en se replongeant très vite dans les écrits du lumineux Voltaire, lequel né le 21 novembre 1694 à 17h30 à Paris (France) bénéficie d'une popularité supérieure à celle de Confucius puisque son thème a été consulté quelque 4200 fois, qu'il est ainsi devenu le 291° homme et qu'il occupe la 538° place dans le catalogue des célébrités "astrothèmées".

Grâce au
Voltaire intégral, nous voici déjà dans le Dictionnaire philosophique à la rubrique Astrologie :

Que de deux astrologues consultés sur la vie d’un enfant et sur la saison, l’un dise que l’enfant vivra âge d’homme, l’autre non; que l’un annonce la pluie, et l’autre le beau temps, il est bien clair qu’il y en aura un prophète,

Superstitions : Il est des sages qui prétendent qu’on doit laisser au peuple ses superstitions, comme on lui laisse ses guinguettes, etc. .../.... Que de tout temps il a aimé les prodiges, les diseurs de bonne aventure, les pèlerinages et les charlatans.../... Il est d’autres sages qui disent: « Aucune de ces superstitions n’a produit du bien; plusieurs ont fait de grands maux: il faut donc les abolir. » .../...
Jusqu’à quel point la politique permet-elle qu’on ruine la superstition? Cette question est très épineuse; c’est demander jusqu’à quel point on doit faire la ponction à un hydropique, qui peut mourir dans l’opération. Cela dépend de la prudence du médecin. .../... Peut-il exister un peuple libre de tous préjugés superstitieux? C’est demander: Peut-il exister un peuple de philosophes? On dit qu’il n’y a nulle superstition dans la magistrature de la Chine. Il est vraisemblable qu’il n’en restera aucune dans la magistrature de quelques villes d’Europe,


et
Caractère, avec réflexion qui n'est pas sans rapport avec notre sujet :Quand on ne réfléchit pas, on se croit le maître de tout ; quand on y réfléchit, on voit qu’on n’est maître de rien.

Ceci mérite réflexion. Qu'en pensez-vous ?

jeudi 15 février 2007

Le livre idéal


Pour l'instant, le Bardadrac de Gérard Genette (Le Seuil, "Fiction & Cie", 2006) est pour moi le livre idéal. Il l'est autant par sa forme - celle d'un dictionnaire, sorte de "puzzle d'objets - épiphanies contingentes, idées bonnes ou mauvaises, souvenirs vrais et faux, partis pris esthétiques, rêveries géographiques, citations clandestines ou apocryphes, maximes et caractères, apartés, boutades et digressions" (p. 7) -, que par le fond, tour à tour touchant, drôle, instructif, profond. Le style est toujours aussi prenant. Merveilleusement bien écrit, mais toujours proche de l'oralité - il faut le lire avec le son de la voix de Genette dans l'oreille [se rendre ici, pour entendre une de ses conférences : "Peut-on aimer un genre ?"].
Bref ce libre est ... extra. Rien d'étonnant de la part de l'auteur de Palimpsestes (1982), Seuils (1987), mes titres préférés d'une longue liste d'écrits qui occupent une place importante dans ma formation littéraire.

On peut prendre Bardadrac par n'importe quel bout, dans n'importe quel ordre, le laisser de côté aussi longtemps qu'on y est contraint, et le reprendre au hasard : à chaque fois, c'est une délicieuse surprise comme, page 76, au début de cette article intitulé Colloque :

Succession réglée de soliloques, bizarrement baptisés "communications", en principe relatifs à un sujet commun, prétexte flasque à toutes digressions.

Il y a aussi ces deux excroissances - dictionnaire à l'intérieur d'un dictionnaire - Médialecte (pp. 220-274) qui d'Abnégation à Zigue donne une liste de mots du "dialecte propre au médias au sens large (presse écrite, radio, télévision, Internet), avatar récent du français, dont il reflète et accélère une évolution parfois fâcheuse" et Mots-chimères (pp. 287-297) déjà évoqué ici.

vendredi 9 février 2007

Autopromotion

J'ai un peu délaissé PiKaBlog pour un autre Blog - celui de l'équipe à laquelle j'appartiens, la Jeune Equipe Littérature chinoise et traduction. Il a pour nom de code Blog-LCT dans la liste des liens de cette page. Il est né le 18 novembre dernier sur Blogger, formule entièrement gratuite et très agréable à utiliser.

En une dizaine de semaines, j'y ai publié les 12 billets existants à ce jour (09/02/07). Les sujets abordés ne manquent certes pas d'intérêt, mais sont assez éloignés de mes préoccupations chéries. En conclusion, ce nouvel espace sur la toile n'empiète en rien sur les autres.

Si le moment d'en faire l'inventaire n'est pas encore venu, je constate que j'ai un peu tardé à assurer la promotion d'un autre de mes points d'ancrage sur la toile qui accueille depuis le 1er septembre 2006 des photos dont le nombre augmente lentement pour atteindre 33 à ce jour. Ce sont pour la grande majorité d'entre eux des clichés pris à Beijing / Pékin lors de mes deux derniers séjours.

Le site qui les abrite - Flickr.com - est lui aussi d'un emploi simple et à ce jour totalement gratuit pour son usage limité, mais je suis encore bien loin d'en exploiter toutes les possibilités.

Si l'on choisit de diffuser ses photos sans restriction, il permet de savoir combien de fois celles-ci ont été visionnées. Pour ce qui concerne les miennes, cela va de 0 fois (!) à 14. Aucune n'a encore reçu de commentaire, par contre plusieurs d'entre elles - en fait deux ! - ont été retenues au moins une fois. Merci à celle qui les a intégrées dans ses favoris. Voir l'illustration ci-contre sur laquelle mes photos sont indiquées d'une flèche.

Mais ne perdez plus un seul moment, allez vite visionner mon petit album et n'hésitez pas à laisser des commentaires - si le cœur vous en dit, bien entendu. C'est >> ici.

Vous pouvez également ouvrir un autre album à partir d'ici. Déjà beaucoup plus volumineux, il devrait encore s'enrichir de nouvelles vues très prochainement.

jeudi 8 février 2007

Vive le cochon

Ce court billet juste pour souhaiter à tous et toutes une excellente année du cochon 猪年, laquelle commence en ce 18 février 2007 pour s'achever le 6 février 2008 laissant enfin la place à une année du rat 鼠年.

Que cette année dinghai 丁亥, soit donc pour chacun pleine de surprises agréables, de bonheur inespérés, de joies inattendues.

Je souhaite également que ces cochons numériques qui l'illustrent, volés à Yongge 勇哥, n'irritent personne. Ne sont-ils pas mignons ? En effet, je ne me sens pas tenu de suivre les restrictions imposées aux télévisions chinoises, comme le rapporte cet article du Monde.

Du reste, je conseille à tous de profiter de la paix de ce jour inaugural et des suivants pour lire une version drolatique de l'histoire des Trois petits cochons 三只小猪. Il s'agit de celle de Lin Changzhi 林长治 qui en a fait la première leçon de son Q ban yuwen Q 版 语文. Vraisemblablement, l'ouvrage, initiallement publié aux Editions Yunnan renmin et interdit à la vente en librairie, n'est plus accessible que sur internet, ici, , ou encore . [Une rapide et ancienne (4/1/05) présentation et des liens intéressants sont encore accessibles ici.]

On retrouve la même dérision chez Wang Xiaofeng 王小峰 qui s'en prend à nouveau à Confucius dans son dernier billet et qui ne semble pas apprécier le premier jour de l'année : 春节很无聊,睡又睡不着,上网写博客,写得更无聊。[Sur Wang Xiaofeng, voir ici.]

mardi 30 janvier 2007

47 ?

En ce jour anniversaire - le mien et le 59ème de la mort du Mahatma Gandhi (1869-1948) - , je vous invite à écouter un morceau de musique qui s'impose pour un chiffre qui interroge :

• la musique est de Charles Ives (1874-1954) et s'intitule The Unanswered Question. Pour en savoir plus sur ce morceau datant de 1906, il faut consulter "A Descriptive Catalogue of The Music of Charles Ives". Ailleurs, on nous dit que "Charles Ives's "Unanswered Question" was the first piece of the 20th Century using spatial separation as a major element of the composition. He specified three groups of instruments to be placed around the concert hall, or even off-stage. One, a solo trumpet, keeps asking the eternal question; the second, increasingly irate and jabbering winds, tries to respond; and the third, a soothing background of soft strings represents the constant harmony of the universe" et l'on peut aussi s'amuser avec un 'inaural 3D positioning software to move the musical parts around in an imaginary hall' ! Pourquoi se priver ?

• l'illustration provient d'un site de circonstance, portant le nom énigmatique de The 47 Society

Rien à ajouter, sinon cette citation empruntée au grand Jean de La Bruyère (16 août 1645 - 10 mai 1696), mort "célibataire et pauvre", "d'une attaque d'apoplexie", à seulement 50 ans :

Celui qui continue de cacher son âge pense enfin lui-même être aussi jeune qu'il veut le faire croire aux autres.