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mercredi 11 octobre 2006

9781579584412

9781579584412 est l'ISBN de l'Encyclopedia of Erotic Literature, éditée par Gaëtan Brulotte et John Phillips qui vient de paraître chez Routledge (New York et Londres). Elle coûte pas moins de 289 € sur Amazon.fr, 321 € sur la version allemande du fameux site de vente par internet, 202 £ sur l'anglaise, 285 $ sur l'américaine, 47.123 Yen sur la japonaise et 277 CDN$ sur la canadienne.

L'ouvrage est publié en deux beaux et gros volumes : le volume 1 couvre les lettres A à K, soit d'Abélard and Héloïse au russe Mikhail Kuzmin (1872-1936) ; le volume 2, la fin de l'alphabet, soit de L. Erectus Mentulus (Lupton Allemong Wilkinson, c. 1900-1993) à notre bon Emile Zola (1840-1902). Chaque volume présente le même index de 203 pages et est précédé de 36 pages proposant une introduction, la liste des auteurs et celle des quelque 500 entrées (formatée en essais de 1000 à 8000 mots). Le texte présenté sur deux colonnes court sur 1468 pages.

La littérature chinoise y est traitée en 27 articles dont voici le détail (avec le cas échéant, une ou deux informations sur le contenu, ainsi que le nom de l'auteur de la notice) :

1/ Admirable Discourses of the Plain Girl : pp. 7-8. Le Sunü miaolun présenté par André Lévy (Université de Bordeaux) qui l'a traduit sous le titre Le sublime discours de la fille candide (Picquier, "Pavillon des corps curieux", 2000).
2/ Art of the Bedchamber Literature : pp. 78-83. Long article de Douglas Wile (Brooklyn College CUNY), auteur de Art of the bedchamber : The Chinese Sexual Yoga Classics (Albany, NY : SUNY, 1992) dont il fournit là une utile synthèse.
3/ Bai Xingjian : pp. 101-102. Frère du poète Bai Juyi, Bai Xingjian (?-826) est crédité par Douglas Wile du Tiandi yinyang jiaohuan dale fu [Prose Poem on the Supreme Joy of the Sexual Union of Yin and yang, Heaven and Earth].
4/ Ban Jieyu : pp. 108-109. Poètesse chinoise ayant vécu vers - 48 jusqu'à 8 av. J.-C., créditée de deux fu et dont l'œuvre est présentée par Claude Fouillade (New Mexico State University).
5/ Bi Yu Lou [The Jades Pavilion] : pp. 141-143. Le pavillon des jades (Picquier, "Le Pavillon des corps curieux", 2003) par son traducteur (PK, Université de Provence).
6/ Books of Odes [Shih-Ching] : pp. 153-154. Le Shijing par Olivia Milburn (University of London).
7/
Cao Xueqin (1715-1764) : pp. 200-201. L'auteur du Hongloumeng et son œuvre par Andrew Schonebaum (Barnard College).
8/ Collected Writings of Fragant Elegance
: pp. 267-271. Long article d'André Lévy sur la collection Xiangyan congshu élaborée par un certain Zhang Tinghua au début du XXe siècle.
9/ Deng Xixian : pp. 331-332. Le Zijin guangya da xian xiuzhen yanyi et son auteur - un "Chinese sexual alchemy writer" mort après 1594 -, présentés par A. Lévy.
10/ Dengcao heshang zhuan [The Candlewick Monk] : pp. 332-334. Le Moine mèche de lampe (Picquier, "Le Pavillon des corps curieux", 1998), par son traducteur (PK).
11/ Ge Hong (283-343) : pp. 527-528. Excellent article de Philippe Che (Université de Provence) sur l'auteur qu'il a déjà présenté et traduit en français (La voie des divins immortels, Gallimard, "Connaissance de l'Orient", 1999).
12/ Huang : pp. 647-648. Xia Tingshi (1316-1368), alias Huang à qui l'on doit le Qinglouji - anthologie de portraits de chanteuses/actrices -, présentés par A. Lévy.
13/ Jin Ping Mei [Plum in the Golden Vase] and Gelian Huaying [Flower Shadows behind the Curtain] : pp. 698-702. Article non signé (!) sur le meilleur des Quatre romans extraordinaires des Ming et sa suite.
14/ Jingu qiguan [The Oil Vendor Who Conquers the Queen of Beauty] : pp. 702-703. Présentation par A. Lévy de la fameuse anthologie de contes du XVIIe siècle et d'un de ses chefs-d'œuvre, avec une référence au conte qu'en a tiré Li Yu (1611-1680) et à la traduction que j'en ai donné sous le titre de "Reine de cupidité".
15/ Li Yu : pp. 809-813. Li Yu (1611-1680), ses contes, ses nouvelles et son roman, Rouputuan [Chair, tapis de prière], par votre serviteur (PK).
16/ Lü Dongbin : pp. 836-837. Lü Yan (755-805) pour le Chunyang yanzheng fuyou dijun jiji zhiming par A. Lévy.
17/ Lü T'ian-chêng : pp. 837-839. L'auteur, Lü Tiancheng (vers 1580 - vers 1620), et le roman Xiuta yeshi présentés par A. Lévy qui oublie de signaler que le roman a été traduit en français : Histoire hétérodoxe d'un lit brodé (Huang San, Lionel Epstein (trad.), Picquier, 1997).
18/ Mao Xiang (1611-1693) : pp. 857-858. D. Wile s'attache au Yingmei'an yiyu que M. Vallette-Hémery a rendu en français sous le titre de La Dame aux pruniers ombreux (Picquier, 1992)
19/ Sexual Alchemy Literature, Chinese : pp. 1208-1210. Douglas Wile, à nouveau.
20/ Shangqing Huangshu Guoduyi [Yellow Book Salvation Ritual of Highest Purity] : pp. 1218-1220. Douglas Wile, encore.
21/ Sun Wei (Xe s.) : pp. 1261-1262. Pour ses Shennü zhuan [Biographies of Goddesses], par A. Lévy.
22/ Szû-ma Hsiang-ju (mort en 117 av. J.-C.) : pp. 1270-1272. Le grand poète Sima Xianru par O. Milburn.
23/ Tang Yin (1424-1524) : pp. 1275-1276. Pour son Sengni niehai (Moines et nonnes dans l'océan des péchés, Picquier, 1992), présenté par A. Lévy.
24/ Yaohu yanshi [The Voluptuous History of Fox Demons] : pp. 1443-1444. Galantes chroniques de renardes enjôleuses (Picquier, "Le Pavillon des corps curieux", 2005), par PK.
25/ Zhang Zu (né en 657, mort en 730) : pp. 1457-1458. A. Lévy sur le Yu xianku [Visiting the Fairy Cave] attribué à Zhang.
26/ Zhaoyang qushi : pp. 1459-1460. Traduit en français sous le titre de Nuages et pluie au palais des Han (Kontler, trad., Picquier, 1990), il est présenté ici par Wu I-Hsien (Columbia University).
27/ Zhulin Yeshi [Unofficial History of the Bamboo Grove] : pp. 1460-1462. Traduit en français sous le titre de Belle de Candeur (C. Kontler (trad.), Picquier, 1990), ce roman est ici présenté par A. Schonebaum.

Un constat s'impose :

8 (ou 9 : l'article sur Jin Ping Mei ?- n° 13) signatures seulement qui se répartissent la charge de la manière suivante : A. Lévy, 10 entrées (n° 1, 8, 9, 12, 14, 16, 17, 21, 23 et 25) ! ; D. Wile, 5 (n° 2, 3, 18, 19 et 20) ; PK, 4 (n° 5, 10, 15 et 24) ; O. Milburn (n° 6 et 22) et A. Schonebaum (n° 7 et 27), 2 ; P. Che (n° 11), C. Fouillade (n° 4) et Wu I. (n° 26), une.
• surtout, l'ouvrage ne propose que 27 entrées seulement pour un corpus bien plus vaste dont l'inventaire serait à entreprendre.
• ce choix dépend du reste en grande partie de celui réalisé voici plus de 40 ans déjà par Robert H. van Gulik pour son incontournable Sexual Life in Ancient China: A Preliminary Survey of Chinese Sex and Society from ca. 1500 B.C. till 1644 A.D. (Leiden : E.J. Brill, 1961) [La vie sexuelle dans la Chine ancienne. (Louis Evrard, trad.) Paris : Gallimard, "Bibliothèque des histoires", 1971].

Beaucoup reste donc à faire en vue d'une hypothétique réédition augmentée de cette très riche encyclopédie qui réserve de bonnes surprises, et qui peut rendre de véritables services autant au chercheur qu'au simple curieux de la littérature érotique mondiale.

vendredi 26 mai 2006

In memoriam Aloïs Tatu


Aloïs Tatu n’est plus. Il a rendu son dernier souffle à la fin de l’année 2005 et personne n’a tenté de le ranimer. Un bilan de son “œuvre” est donc possible et sans doute souhaitable. Son évaluation quantitative ne pose aucun problème. Le décompte de sa contribution est facile à faire : en tout et pour tout, trois traductions, par lui signées, ont été publiés entre 1998 et 2005. La première (1998) est passée en format de poche (2002), la deuxième (2003), pas encore, le troisième (2005) est encore chaude. L’appréciation qualitative, quant à elle, viendra en son temps.
Elle ne pourra guère s’appuyer sur l’avis des lecteurs de ces trois ouvrages, car ils n’ont pas suscité beaucoup de commentaires. Les seuls que l’on trouve sur le net n’apportent pas grand chose au débat ; ils méritent pourtant d’être relevé. Je n’ai conservé que ceux qui proposent une appréciation sur les livres et ne se contentent pas de piller leur quatrième de couverture.

Galantes chroniques de renardes enjôleuses
1. “Un livre dont il n'y a pas grand chose à tirer “ est l’avis formulé sur Shoshosein, qui se définit comme un “site sur l'Asie en général, et sur les mangas et l'animation en particulier”. Voici le jugement dans son intégralité initiale :

Dans la préface nous trouvons une jolie phrase d'accroche : Ce livre "nous fait entrer dans les sous-sol de la littérature de divertissement".Dès le départ je n'ai pas aimé la tonalité de type "conte", du genre "et il a fait ceci, et il a rencontré un dieu qui lui a dit que..." j'aime pas trop, d'autant plus qu'il y a de l'érotisme que dans le premier chapitre.
Une histoire au demeurant très courte : 12 chapitres de 6 pages chacun
histoire sans vraiment d'intérêt.
J'ai l'impression qu'on a artificiellement fait entrer ce roman vaguement érotique dans le Pavillon des Corps Curieux, en entrecoupant chaque chapitre d'illustration d'époque (explicites bien sûr). déçu.
Quant à "Les renardes par l'une d'elle", écrit par Solange Cruveillé, c'est
un historique des légendes sur les renardes, pas mal.
Pour vous faire un peu une idée de la forme :
On retrouve la même structure tout au long des chapitres :
"arrivé à ce point, vous vous demandez sûrement quelle était l'apparence de cette Immortelle? Eh bien, un quatrain va satisfaire votre curiosité" s'en suit 4 vers
Quant à la fin des chapitres, il y a toujours une formule, un "à suivre" : "si vous voulez savoir ce qu'il advient par la suite, eh bien écoutez ce que le chapitre suivant a à vous conter."
Enfin, 30 pages de notes, très bien faite, mais ralentissent la lecture. Elles peuvent se lire indépendamment, comme un lexique de culture chinoise.
Un livre dont il n'y a pas grand chose à tirer.
Docteur Spider, ne remercie pas sa chérie pour ce cadeau de la Saint Valentin (mais bon j'ai eu un super pull), 24/02/06
Dans le genre littérature chinoise classique, érotique et magique,
Le moine mèche-de-lampe semble meilleur...

2. Le Catalogue de la bibliothèque de Montréal fournit quant à lui en complément d’une notice bibliographique impeccablement établie, un court “résumé” équitable mais fort impersonnel :

Roman érotique anonyme, au ton parfois rabelaisien, qui date approximativement du milieu du 18e siècle. Une introduction (p.7-19) et une postface sur le thème de la renarde (p. 121-132) aident à mieux situer ce texte dans la tradition romanesque et folklorique chinoise. Comprend un lexique (p. 133-159) et des indications bibliographiques (p. 161-166). [SDM]


Le pavillon des jades
1. La notice qui figure dans la rubrique livre du “Club des passionnés de l’Asie” du site Asiexpo le fait venir du Japon. Jean-Pierre Gimenez, son rédacteur, donne un résumé de l’ouvrage

Un homme n’arrivant plus à satisfaire son épouse, s’en va à la capitale suivant les conseils d’un ami. Ce dernier, plutôt faux, profite de l’occasion pour la séduire. S’en suivent quelques parties galantes que l’on qualifiera volontiers de lestes. Mais l’époux aussitôt attifé d’un appareil plus conséquent n’aura de cesse de rattraper le temps perdu, quitte à se fourvoyer avec un esprit démoniaque et à en perdre la tête.


et livre son commentaire

Réjouissant roman coquin et libertin de la Chine ancienne, “Le Pavillon des jades” se distingue par la verdeur de ses propos et la rougeur qui ne manquera pas d’empourprer vos joues à sa lecture.
2. Le Catalogue de la bibliothèque de Montréal toujours :

"Première traduction, toutes langues confondues", d'un roman érotique chinois, en langue vulgaire, dont l'intérêt reposerait, selon P. Kaser, en partie sur la "multiplicité des liens avec d'autres textes qu'il offre à la sagacité du lecteur". L'oeuvre expose une sexualité "saine et sportive" (cf. l'introduction p. 9-27, qui précise que la période de rédaction demeure à ce jour mystérieuse, mais postérieure à 1657). Répertoire, p. 149-163. On peut avoir des doutes sur "l'authenticité" de ce roman "plaisamment dérangeant". [SDM]


Le moine mèche de lampe
1. Le Catalogue de la bibliothèque de Montréal encore :
Roman érotique du 17e siècle, avec famille mandarinale confrontée à quatre séduisants succubes, et moine lubrique. Introduction dialoguée de ton badin, p. 7-19. [SDM]
2. J’ai extrait les échanges suivants d’un des blogs du site psychologies.com.

Et puis, la librairie..
Mes achats du jour ??? Alors :
"Le Moine mèche de lampe" Pffff, pas dispo, et pas sûre de trouver, la dame.....c'est au moins la 4ème boutique où je me casse les dents, j'ai commandé, mais ... c'est un vieux livre de ...98 m'a dit l'employée !!! à suivre..


Commentaires
Tu peux commander Le Moine mèche de Lampe sur amazon.com. Je l'ai fait la semaine dernière et attends la livraison.Info au cas où ... ta libraire bloquerait. lol
Ne ferait-elle pas un peu de censure ?

Bises

Ailleurs sur le même site en commentaire à

Pour ceux et celles que se poseraient la question : ce n'est pas mon conte chinois qui a éveillé mes sens (un peu juste pour ce qui est de la suggestion) mais si vous en connaissez qui mettent le feu aux poudres, je suis preneuse ;-))

voici ce que l’on peut lire, rédigé par “Isa” le 21/7/2005 :

Pour le feux aux poudres, moi j'aime beaucoup
"le moine mèche de lampe" roman erotique Chinois.
J'aime bien l'effet que cela me procure...alone in my bed.....Oh my God !!!!
kiss

Instructif & déprimant !

vendredi 3 mars 2006

Déprimant ?

Quelque peu confus d’avoir à présenter un ouvrage à la moralité douteuse et au style pour le moins sommaire, mais dont les défauts eux-mêmes étaient révélateurs d’un style d’écriture à visée purement commerciale, j’ai usé dans l’introduction des Galantes chroniques de renardes enjôleuses, traduction du Yaohu yanshi, roman à l’érotisme torride, de l’image du «gâteau cent fois bon» dont, ai-je écrit, “la lecture ne devrait pourtant pas être trop indigeste à qui sait mastiquer ou dispose d’un solide estomac.” [Picquier, 2005, p. 16]
Un astérisque placé juste après le mot “gâteau” invite tout naturellement le lecteur à consulter le répertoire à la page 142, où il peut lire :

Ce «gâteau cent fois bon» est celui confectionné par un chien et un chat dans le conte pour enfant imaginé par le peintre et écrivain tchèque Josef Capek (1887-1945). On en trouve de nombreuses adaptations dans toutes les langues dont celle des « Albums du Père Castor » (Un gâteau cent fois bon, traduit par L. Hirsch, Paris, Flammarion). Il fait bien comprendre que l’accumulation d’ingrédients a pour effet de produire un ensemble indigeste, impropre à la consommation.

En fait, au départ - c’est à dire voici plus de dix-huit mois, car ces Chroniques sont restées en attente pendant un an et demi avant d’être finalement publiées ! -, la notice était un peu plus longue, sans doute trop longue ... tout est affaire de jugement. La voici dans sa totalité, discursive à souhait, boursouflée comme je les aime :

Ce «gâteau cent fois bon» est celui confectionné par un chien et un chat selon une recette fort simple : « Tu mets dans ton gâteau tout ce qu’il y a de meilleur à manger et, quand tu as mis tout ce qu’il y a de meilleur, eh bien, le gâteau est le meilleur des gâteaux ! Si, par exemple, tu prends cinq des meilleures choses, ton gâteau est cinq fois bon. Si tu en mets dix, ton gâteau est dix fois bon. Nous, nous mettrons les cent meilleures choses, et nous aurons un gâteau cent fois bon. » Le problème, c’est qu’emportés par le mouvement, les deux pâtissiers amateurs dépassent la mesure et confectionnent le gâteau le plus indigeste du monde. Fort heureusement pour eux, un méchant chien le leur chaparde. Ce conte pour enfant a été imaginé par le peintre et écrivain tchèque Josef Capek (1887-1945). On en trouve de nombreuses adaptations dans toutes les langues. Celle que nous venons de citer figure dans les “Albums du Père Castor” (Un gâteau cent fois bon, traduit par L. Hirsch, Paris, Flammarion). Josef Capek est plus connu dans le monde des lettres pour ses essais sur l’art, son recueil de méditations en prose (Pèlerin boiteux, 1936), ses Poèmes du camp de concentration (1946) et les ouvrages qu’il écrivit en compagnie de son frère Karel Capek (1890-1938) « figure emblématique de l’intellectuel de la première République tchécoslovaque » (A. Maréchal) à qui on attribue généralement l’invention du mot « robot » (R.U.R., Rossum’s Universal Robots, 1920) qui reviendrait en fait à son frère aîné.

A la réflexion, ce gentil fatras n’est éloigné qu’en apparence des renardes qui hantent l’imaginaire chinois et donnent une tonalité si particulière à ce petit roman qui serait sans nulle doute resté inédit en traduction sans l'amicale insistance de Jacques Cotin -- du reste, qu’y a-t-il de si incongru à inciter les plus curieux à découvrir des auteurs fort prisés dans leur pays - les frères Capek [prononcez ‘tchapek’] - et à inviter à explorer les relations existant entre le sujet de départ - les créatures fantasmagoriques des Chinois d’antan - et les robots des Occidentaux d’aujourd’hui ?

Il n’y a pas à creuser longtemps pour s’apercevoir que les belles androïdes des fictions modernes ne sont pas si différentes de ces créatures de l’entre-deux qui peuvent se révéler tantôt nuisibles, tantôt bienfaisantes ou passionnément amoureuses. Sans aller chercher très loin, il n’est que d’évoquer les créatures imaginées par Philip K. Dick - mort un 2 mars voici très exactement 24 ans et un jour - dans notamment Do Androids Dream of Electric Sheep ?, librement mis en images par Ridley Scott dans Blade Runner (1982).

La version la plus élaborée de ces créatures sorties de l’imagination masculine rappelle toujours par certains côtés la fausse Maria du Metropolis (1927) de Fritz Lang (1890-1976). Elle, ou il (?), est le spécimen le plus ancien qui figure dans le Top 50 des Robots établi par le magazine Wired (Issue 14.01) ; elle n’y figure qu’à la 26e place. Mon préféré de la liste, HAL 9000, traîne, pour sa part, à la 47e place avec ce commentaire :

Some tasks are too important to be left to humans. Just ask Hal 9000 from 2001: A Space Odyssey. The 1968 [Stanley Kubrick’ s] film gave the world the ultimate all seeing, all knowing - and apparently all ego - A[rtificial].I[ntelligence] villain. It set the standard for machines that can think (and kill) like us but are too powerful to control.

Quant à la charmante Actroid-DER [et ses camarades que l’on peut voir sur le site japonais Kokoro-dreams (!)], androïde femelle développée pour assurer des fonctions d'accueil du public, actuellement opérationnelle en japonais, chinois, coréen et en anglais, et présentée à l’Exposition Internationale de 2005 à Aichi au Japon, elle ne figure pas au palmarès, tout comme la plupart des meilleures réalisations dans ce domaine qu’on peut découvrir sur Android World.

Mais tout ceci n’est-il pas un peu “déprimant“ comme le dirait sûrement l’attendrissant Marvin, l’androïde paranoïaque et dépressif inventé par Douglas Adams (11 mars 1952-11 mai 2001) pour The Hitchhiker's Guide to the Galaxy.

N’est-il pas tout simplement mignon ? [voir l'illustration ci-dessus]

samedi 1 octobre 2005

With a BIG help from my friends

J'ai sans doute tort de me réjouir des progrès accomplis dans le travail car je suis encore empêtré dans le bourbier Lin Yutang et ne suis pas prêt d'en sortir. Pouah ! Mais tout de même, les fardeaux qui pesaient sur mes épaules toutes ces dernières semaines, se sont considérablement allégés :

exit la révision des épreuves des notices pour le cinquième volume de l'Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire en préparation depuis ... au moins ... 15 ans ! Pour ceux que cela passionnerait le volume est consacré aux collections de contes suivantes :

Xin shi yan 型世言, Xihu jiahua 西湖佳話, Doupeng xianhua 豆棚閒話 , Wushengxi 無聲戲 et Yunxian xiao 雲仙笑.

Comptez sur moi pour signaler, le moment venu, la publication de cet ouvrage attendu depuis si longtemps. Sait-on jamais !

exit aussi les notices pour l'Encyclopedia of Erotic Literature à paraître chez Routledge. J'ai livré, ça y est, ouf !, la veille du jour présenté comme étant le dernier des derniers délais ! Les notices pour Bi Yu Lou 碧玉樓 , Yaohu yanshi 妖狐艷史 et surtout l'article sur Li Yu 李魚 et son Rou putuan 肉蒲團 sont allés rejoindre celle du Dengcao heshang zhuan 燈草和尚傳 qui avait pris les devants avec seulement deux mois de retard. Pour mémoire, l'article sur Li Yu (3300 mots) aurait dû être envoyé début mai, les autres (de 1000 mots chacun), un mois plus tard ! Bon, donc aucune raison de fanfaronner d'autant que si j'ai pu remplir mon contrat, c'est grâce à l'assistance de bons amis qui m'ont aidé à faire passer ma prose en anglais et que je tiens à remercier chaleureusement.
Or donc, merci à François V. qui a planché sur deux rubriques, Lee Mack, citoyen américain que je n'ai pas le plaisir de connaître mais qui a gentiment accepté de fignoler le Moine Mêche de Lampe, et, last but not least, Victor T., 'The Great', qui n'a pas ménagé sa peine et a fait des prouesses depuis un Hong Kong caniculaire et trépidant. Merci et bravo.
Finalement, il aura fallu, en tout et pour tout, huit mois et demi pour boucler le dossier !

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, les concepteurs de BlogWave Studio ont refait surface, après une longue absence causée par des 'internal issues' (sic), avec la promesse de la sortie de leur 'next product' pour janvier 2006, nouveauté que les détenteurs de licence se verront offrir gracieusement. Qui vivra verra.

jeudi 15 septembre 2005

Banc d'essai


Journée notable à plus d'un titre. En fait, au moins deux :

1. J'ai fini mon travail pour l'IAEU, ce qui ne veut pas dire que je me sens beaucoup plus léger car au moins deux échéances m'attendent dans la foulée .....

2. J'ai reçu aujourd'hui en avant-première la couverture de Galantes chroniques de Renardes Enjôleuses (traduction du Yaohu yanshi 妖狐艷史) qui va sortir bientôt aux Editions Philippe Picquier dans la collection "Le Pavillon des Corps Curieux" dirigée par Jacques Cotin.

Ma première réaction est la déception, car a. l'illustration que j'avais suggérée, il y a maintenant juste un an quand je rendais le manuscrit, n'a pas été retenue et b. celle qui a été choisie ne me plait pas vraiment !

Certes, il n'y a pas de quoi fouetter une renarde, mais pourquoi ne pas vous demander de juger sur pièce ?
Si vous voulez donner votre avis, voici comment vous y prendre : cliquer sur l'illustration à gauche pour la voir apparaître en plus grand, regarder attentivement ; la couverture retenue est à gauche, mon projet (avec un titre provisoire qui n'a pas résisté), à droite ; puis localisez, la commande 'Commentaire', juste au-dessous, là c'est ça, à gauche : un petit clic dessus et vous pouvez voter.

samedi 15 janvier 2005

Qu'on se le dise

Agréable surprise ce matin au courrier :

Dear Mr. Kaser, I hope you will forgive the intrusion, but I am writing to you you on the recommendation of XXXXXX. I am the development (in-house) editor for the Encyclopedia of Erotic Literature, to be published by Routledge in 2006. Edited by Dr. Gaëtan Brulotte of the University of South Florida and Dr. John Phillips of London Metropolitan University, the Encyclopedia will contain more than 600 alphabetically organized articles in two volumes. We plan to make this the definitive reference work on the genre, serving students, researchers, scholars, and the general public in academic and public libraries around the world for many years to come. At this time, we have more than half of the manuscript in-house, and we are now commissioning authors for the second half of the encyclopedia. It was XXXX's suggestion--and our hope--that you might be able to recommend some potential contributors for the entries on Chinese literature, and perhaps suggest the inclusion of any topics or authors we may have neglected. Of course, if you would be interested in contributing any of the articles yourself, we would be delighted. .../... If any strike you as particularly appropriate for scholars you know, we would be grateful if you could forward this message to them, or provide contact information (if they are amenable) and I can contact them myself. As far as administrative matters go, our standard deadline is three months after the date the contract is issued, but we can be flexible if you need a bit more time. For honoraria, we offer $.05 per word for articles up to 2000 words; for articles or groups of articles of over 2000 words, we offer a set of the Encyclopedia plus $.05 per word over 2000 if applicable. I thank you in advance for any recommendations that you might be able to provide, and we would be honored to include your scholarship in this project as well. For an overview of the project and what we are trying to accomplish, you may wish to visit the project web site at http://www.routledge-ny.com/enc/eros/. Of course, should you have questions regarding any of the topics or the encyclopedia as a whole, I will be happy to answer them.

Après réflexion, j'ai décidé de proposer une participation symbolique avec une longue rubrique sur Li Yu et son Rouputuan, et trois courtes sur les romans traduits par Aloïs Tatu pour les Editions Picquier. Avis aux amateurs.