Le Confucius de l'artiste chinois Zhang Huan 張洹 .
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lundi 2 janvier 2012
lundi 14 mai 2007
Chez Confucius
En relisant Les derniers jours de Pékin (1900-1901) de Pierre Loti (14 janvier 1850- 10 juin 1923), je suis tombé sur cette description du Temple de Confucius visité, à deux reprises, il y a peu. En voici le début :
Quand nous sortons de chez ces fantômes de lamas*, une demi-heure de soleil nous reste encore, et nous allons chez Confucius qui habite le même quartier, la même nécropole pourrait-on dire, dans un délaissement aussi funèbre.
La grande porte vermoulue, pour nous livrer passage, s'arrache de ses gonds et s'effondre, tandis qu'un hibou, qui dormait là, prend peur et s'envole. Et nous voici dans une sorte de bois mortuaire, marchand sur l'herbe jaunie d'automne, parmi de vieux arbres à bout de sève.
Un arc de triomphe d'abord se présente à nous dans ce bois : hommage de quelque souverain défunt au grand penseur de la Chine. Il est d'un dessin charmant, dans l'excès même de son étrangeté, sous les trois clochetons d'émail jaune qui le couronnent de leurs toits courbes, ornés de monstres à tous les angles. Il ne se relie à rien. Il est posé là comme un bibelot précieux que l'on aurait égaré parmi les ruines. Et sa fraîcheur suprend, au milieu du délabrement de toutes choses. De près, cependant, on s'aperçoit de son grand âge, à je ne sais quel archaïsme de détails et quelle imperceptible usure ; mais il est composé de matériaux presque éternels, où même la poussière des siècles ne saurait avoir prise, sous ce climat sans pluie : marbre blanc pour base, faïence ensuite jusqu'au sommet -- faïence jaune et verte, représentant, en haut relief, des feuilles de lotus, des nuages et des chimères.
[Chapitre VIII, "Chez Confucius", p. 1095 de P. Loti, Voyages (1872-1913), Paris, Laffont, "Bouquins", 1991]. * Il s'agit du Yonghegong ou Temple de Lamas
En illustration, un cliché du "grand portique à triple arcature décoré de tuiles vernisées vertes et jaunes" (Guide bleu, 1983, p. 584) pris cet hiver. Pour d'autres clichés du Temple de Confucius prises en septembre 2006, c'est ici. Voir aussi ici.
J'ai remis à plus tard la quête des photos prises en 1986, lors de mon premier séjour à Pékin.
mardi 20 mars 2007
Astrokongologie
Kongzi alias Confucius est - comme 32334 autres célébrités, dont 16072 "avec heure de naissance connue" -, honoré d'un thème astral par le site astrotheme.fr. Celui-ci a été consulté pas moins de 840 fois, permettant à Confucius de devenir le 2241° homme et la 3787° célébrité de ce palmarès surprenant dans lequel il figure avec une date de naissance curieusement arrêtée au 28 juillet - 551 - heure de naissance inconnue (sic) - à Chan-Tong (sic) (Chine). La question que l'on peut se poser est la suivante : l'astrologie dispose-t-elle d'armes efficaces pour mieux apprécier le plus fameux penseur de la Chine ancienne ? A chacun de juger en lisant ces extraits arbitrairement retenus, ou, pour plus d'impartialité, en se rendant directement sur le site. (ici) |
Après trois chapitres qui accumulent d'indigestes généralités (savoir "Les dominantes planétaires de Confucius", les "Eléments, Modes et Polarités pour Confucius", les "Dominantes : planètes, signes et maisons pour Confucius"), on aborde (enfin !) le vif du sujet avec une approche de : 1. Sa sensibilité Vous êtes [sic] sensible à la beauté des choses et vos réactions émotionnelles sont souvent d'ordre esthétique car vous recherchez, jusque dans les apparences, l'équilibre et l'harmonie si nécessaires à votre bien-être. Vous identifiant avec une grande facilité aux uns et aux autres, vous êtes doué pour mettre en valeur ce qu'il y a de meilleur en eux et résoudre avec tact et diplomatie leurs problèmes. Mais, .../..., vous risquez de développer une trop grande dépendance aux autres tant vous souhaitez leur approbation. Cette indécision constante peut être difficile à vivre autant pour vous-même que pour votre entourage car elle vous pousse plus à la contemplation qu'à la création et vous êtes souvent tenté de remettre à plus tard ce que vous avez à faire, à moins que vous ne préfériez user de votre charme pour que l'on se décide à faire le travail à votre place. Mais tant que règne l'harmonie... n'est-ce pas l'essentiel ? 2. Son intellect et sa vie relationnelle Vous avez [re-sic] une énergie intellectuelle et nerveuse considérable, un bon pouvoir de concentration et une grande détermination. .../... Et gare à celui qui ne partagerait pas vos opinions ! Plus que déterminé, vous saurez alors vous montrer entêté et inflexible car vous n'admettrez pas facilement que l'on trouve à redire sur vos idées ou réalisations. Certains pourraient y voir une manière autoritaire de s'imposer avec même parfois une légère condescendance, mais cela, vous n'en serez pas conscient et continuerez donc de penser que vous avez raison. 3. Son affectivité, sa façon de séduire .../... Sans doute n'êtes-vous pas l'être le plus extraverti du monde. .../... Quelle que soit l'intensité de l'amour que vous portez à un être, il ne doit pas attendre de vous de fracassantes déclarations. Mais bien plutôt une fidélité sans faille à cet attachement, un dévouement réel motivé par le désir de bâtir une relation privilégiée, isolée, choyée. Il est probable que la tendresse soit la clé de votre épanouissement affectif. .../... Vous appartenez sans doute à cette catégorie d'amant ou d'amante pour qui le temps est un atout plus qu'un ennemi. .../... Votre sensibilité vous porte de toute façon à éviter les excès et débordements et selon vous, faire ainsi permet de trouver le bonheur sans aucun risque. 4. Sa volonté et ses motivations profondes Psychologiquement, vous êtes d'une nature rêveuse, tournée vers la nostalgie du passé, vers la mère, vers la famille : tout en instinct, tout en protection ou défense de votre être vis à vis de l'extérieur, vous possédez une vie intérieure riche, une imagination fertile voire même infinie, une propension à éviter tout risque inutile, à rechercher la sécurité en ne vous dévoilant que lorsque la confiance est là, une nostalgie du passé pour le sentiment de bien-être qu'il vous rappelle. .../... Vous êtes émotif, sentimental, paisible, imaginatif, sensible, fidèle, résistant, protecteur, vulnérable, généreux, romantique, tendre, poète, paternel ou maternel, rêveur, indolent, gourmand, dévoué, mais vous pouvez aussi être craintif, irréaliste, fuyant, passif, susceptible, angoissé, dépendant, entêté, lunatique, passéiste, paresseux, pesant, casanier ou hermétique. .../... La tendresse compte pour vous plus que la sexualité même si elle est également un facteur de sécurité et de stabilité. Vous appréciez énormément de redevenir le petit enfant gâté que vous étiez, savourant les petits plats ou recevant les compliments réguliers dont vous avez tant besoin pour vous sentir rassuré. .../... Votre foyer sera généralement heureux et riche, calme et harmonieux dans la durée. 5. Sa capacité d'action Impulsif, impatient, rapide et énergique vous ? Oui bien sûr, . Vous êtes courageux et capable d'efforts intenses et très importants sur une courte durée ; et quel rythme ! Que ce soit dans le sport ou bien sur le plan de la sexualité, vous n'êtes pas du genre à réfléchir, vous agissez, un peu "à la hussarde" et instinctivement. Bon, abrégeons ..... Vous parlez avec franchise sans vous soucier de l'opinion de l'autre et surtout sans supporter qu'il ne vous freine ou qu'il ne vous juge. Avec vous, cela passe ou cela casse, ce qui fait que tous vos échanges relationnels ne s'embarrassent pas de diplomatie ou de compromis. Vous êtes trop franc et trop entier pour perdre du temps avec de la finesse ou de la ruse mais c'est ce qui fait votre charme d'un certain côté car avec vous au moins, on sait à quoi s'en tenir. Vient enfin la "Conclusion" : Ce texte n'est qu'un extrait du portrait de CONFUCIUS, qui nous l'espérons vous donnera le goût d'approfondir vos connaissances en astrologie et vous incitera à visiter et utiliser les nombreuses applications gratuites de www.astrotheme.fr. Si vous souhaitez obtenir votre propre portrait astrologique, bien plus complet que celui de CONFUCIUS, il vous suffit de le commander votre Portrait astrologique complet .... Personne ne s'y trompera. Il s'agissait de retenir l'attention du visiteur naïf pour parvenir à lui vendre un service soit personnel - "Un portrait psycho-astrologique complet qui vous apporte bien davantage que toutes les études astrologiques habituelles !", soit en rapport avec l'objet de ses attentions, savoir le "portrait astrologique complet de votre célébrité préférée" lequel se négocie à 17 € 90. Il est "bien plus complet que les extraits de Portraits de célébrités affichés par dizaines de milliers sur Astrotheme". 11 dominantes planétaires avec 57 caractéristiques sont passées en revue, chiffrées et interprétées; vient ensuite un portrait psychologique détaillé : pour vous apporter, dans un document complet de 35 à 40 pages, des informations captivantes et inédites sur... vous-même !" Qui dit mieux ? |
Grâce au Voltaire intégral, nous voici déjà dans le Dictionnaire philosophique à la rubrique Astrologie :
Que de deux astrologues consultés sur la vie d’un enfant et sur la saison, l’un dise que l’enfant vivra âge d’homme, l’autre non; que l’un annonce la pluie, et l’autre le beau temps, il est bien clair qu’il y en aura un prophète,
Superstitions : Il est des sages qui prétendent qu’on doit laisser au peuple ses superstitions, comme on lui laisse ses guinguettes, etc. .../.... Que de tout temps il a aimé les prodiges, les diseurs de bonne aventure, les pèlerinages et les charlatans.../... Il est d’autres sages qui disent: « Aucune de ces superstitions n’a produit du bien; plusieurs ont fait de grands maux: il faut donc les abolir. » .../...
Jusqu’à quel point la politique permet-elle qu’on ruine la superstition? Cette question est très épineuse; c’est demander jusqu’à quel point on doit faire la ponction à un hydropique, qui peut mourir dans l’opération. Cela dépend de la prudence du médecin. .../... Peut-il exister un peuple libre de tous préjugés superstitieux? C’est demander: Peut-il exister un peuple de philosophes? On dit qu’il n’y a nulle superstition dans la magistrature de la Chine. Il est vraisemblable qu’il n’en restera aucune dans la magistrature de quelques villes d’Europe,
et Caractère, avec réflexion qui n'est pas sans rapport avec notre sujet :Quand on ne réfléchit pas, on se croit le maître de tout ; quand on y réfléchit, on voit qu’on n’est maître de rien.
Ceci mérite réflexion. Qu'en pensez-vous ?
jeudi 8 février 2007
Vive le cochon
Que cette année dinghai 丁亥, soit donc pour chacun pleine de surprises agréables, de bonheur inespérés, de joies inattendues.
Je souhaite également que ces cochons numériques qui l'illustrent, volés à Yongge 勇哥, n'irritent personne. Ne sont-ils pas mignons ? En effet, je ne me sens pas tenu de suivre les restrictions imposées aux télévisions chinoises, comme le rapporte cet article du Monde.
Du reste, je conseille à tous de profiter de la paix de ce jour inaugural et des suivants pour lire une version drolatique de l'histoire des Trois petits cochons 三只小猪. Il s'agit de celle de Lin Changzhi 林长治 qui en a fait la première leçon de son Q ban yuwen Q 版 语文. Vraisemblablement, l'ouvrage, initiallement publié aux Editions Yunnan renmin et interdit à la vente en librairie, n'est plus accessible que sur internet, ici, là, là ou encore là. [Une rapide et ancienne (4/1/05) présentation et des liens intéressants sont encore accessibles ici.]
On retrouve la même dérision chez Wang Xiaofeng 王小峰 qui s'en prend à nouveau à Confucius dans son dernier billet et qui ne semble pas apprécier le premier jour de l'année : 春节很无聊,睡又睡不着,上网写博客,写得更无聊。[Sur Wang Xiaofeng, voir ici.]
samedi 13 janvier 2007
En travaux
Si l'on se fie au regain d'intérêt pour Confucius, le lieu devrait voir s'y presser en masse le public chinois qui s'entousiasme pour les émissions et les écrits qui vulgarisent la pensée du Maître. Le dernier numéro du Sanlian shenghuo zhoukan 三联生活周刊 (Life week) lui consacre du reste un dossier [子曰——从南怀瑾到于丹的通俗路径] et lui réserve sa couverture. Danwei n'a pas manqué de noter la sortie de ce numéro dans un billet intitulé "What Confucius said". |
lundi 18 décembre 2006
No comment
'No comment' (suite). Ma réponse à la précédente missive a suscité un nouvel envoi que voici :
Merci beaucoup de votre rapide réponse. J'ai lu,en effet par curiosité, tous les romans sortis sur Confucius et ils sont gravement nuls. Ce qui est la fois un bien et un mal puisque cela signifie que je n'ai à craindre aucun concurrent... parce que la tâche est ardue.. J'ai lu le "Confucius" de Lévi. Je lui ai même emprunté l'idée de faire de la mère de Confucius une chamanesse, ce qui m'a permis d'inventer une scène de danse du dragon hautement sexy. Quant à la date de naissance du grand homme, il faut bien qu'il naisse un jour donné, je tiens à ce que cela se passe neuf mois après le printemps car, j'imagine sa conception lors d'une fête à la Granet, suivi d'un petit tour sur la colline N'qiu!
Merci encore. Amicalement. Xxxxxx.
mercredi 27 septembre 2006
Officiel Kong
En bonus, voici un choix de photos prises très récemment au Kongzi miao 孔子庙 (Temple de Confucius) et au Guozijian 国子监 (Collège Impérial) de Pékin, lesquels sont en train de faire peau neuve pour les JO de 2008. >> ici <<
lundi 28 août 2006
Programme Confucius
C'est, en effet, dans cette posture majestueuse et l'air de circonstance que le plus grand ami actuel de la Chine de Hu Jintao et de Wen Jiabao livre son discours déjà bien rodé en faveur d'un partenariat équilibré de l'Europe avec la Chine et milite pour la mise en place d'un "programme Confucius" capable de "bâtir une alliance de stratégie, de projets et de méthodes". Si le cœur vous en dit vous pouvez prendre connaissance du message en écoutant l'homme providentiel sur RFI, en le regardant à partir de son Blog ou simplement en le lisant sur Chine-informations.com ou dans une version à peine plus digeste sur le site du Figaro. Les inconditionnels peuvent même télécharger un "Livret Chine", document pdf de 61 pages intitulé Une stratégie européenne pour la Chine.
En un mot "N'ayons pas peur de la Chine", JPR et ses 'amis' (parmi lesquels on trouve François Julien) ont la situation bien en main.
Le message est également relayé en Chine par le bien pensant Quotidien du Peuple en ligne et en français qui, dans sa rubrique "Horizon", reformule par deux fois le slogan : "Le monde ne doit pas craindre la Chine" et "Il ne faut pas craindre la Chine".
dimanche 27 août 2006
Rab de Kong
lundi 5 décembre 2005
Le «Wa» de Kong
Le Figaro publie aujourd’hui même une “Lettre à un ami chinois” signée Jean-Pierre Raffarin. Sans doute cet “ami chinois” est-il le camarade Wen Jiabao qui écume notre pays du Nord au Sud, mais peu importe car, si cet “ami chinois” n’aura aucun mal à comprendre le sens général de cette lettre à lui adressée, il risque d’achopper sur une ou deux perles du sénateur de la Vienne. Je cite et souligne les meilleurs passages :
“Pollution à Harbin, extension de la grippe aviaire, explosion dans une mine... Les malheurs de la Chine deviennent des douleurs de la planète. La Chine est sortie de l'imagerie magique pour entrer dans notre univers médiatique quotidien. Le débat est lancé pour déterminer la date à laquelle l'économie chinoise rattrapera celle des Etats-Unis. Ce contexte nouveau révèle la prise de conscience mondiale de « l'émergence chinoise ». La France veut garder une lucidité d'avance quant à l'avenir de l'Asie et doit franchir une étape nouvelle de ses relations avec la Chine. On ne plaisante plus avec Claudel : « Que pensez-vous des Chinois ? Je ne les connais pas tous.» On ne peut plus voler «vers l'Orient compliqué » avec « des idées simples ». Le temps est venu pour un pacte stratégique d'amitié entre la France et la Chine. La stratégie plus l'amitié. .../... Les Français aiment et respectent les civilisations multimillénaires. Les années culturelles croisées ont été un grand succès. Il nous faut donner un prolongement à cette dynamique amicale. Les projets de nos premiers ministres Wen Jiabao et Dominique de Villepin, quant à une déclaration commune relative au développement des échanges des jeunes, constituent une partie majeure de la réponse. .../... Les centres Confucius, tel que celui créé à l'université de Poitiers, tout comme leurs homologues de l'alliance française, stimuleront ces échanges. ../... Les intellectuels des deux pays peuvent aussi débattre des idées qui marqueront le siècle naissant. .../... Les questions sont nombreuses : que peut apporter le « wa », « la pensée de l'harmonie » après un siècle d'affrontement ? Dialectique, dialogique ? Echanger, c'est respecter. L'amitié entre les peuples se nourrit de tels échanges, c'est la condition pour éviter, ici, les excès de la peur et, là-bas, en réponse, les excès du nationalisme..../... Nous devons ensuite rechercher les moyens et les méthodes de la pérennité d'une confiance durable. Première condition de cette confiance : la transparence de nos échanges sur nos préoccupations telles que la promotion et le respect des libertés et des droits, la protection de l'environnement et le développement durable, les choix énergétiques, la lutte contre les inégalités... Les progrès constatés sur l'échange d'informations relatives à la grippe aviaire sont de bon augure. .../... Les amis doivent pouvoir se parler, notamment dans les moments difficiles, comme j'avais tenu à le faire, sur place, pendant la crise du Sras. ../... Des entreprises françaises créent en Chine, des entreprises chinoises viendront aussi créer en France. Cette recherche d'équilibre n'est possible que dans le cas d'un pacte stratégique et d'amitié. Quand un pays, comme la Chine, avec vingt millions d'habitants de plus par an, crée ainsi « une France supplémentaire » tous les trois ans, notre devoir est d'aller au contact de son peuple, «le peuple le plus optimiste de la planète».
Fin de citation, sonner trompettes !
Une note vient éclairer le lecteur français sur la signification du "wa" qui est présenté comme, je cite encore, “une notion clé chez Confucius = concilier les forces opposées plutôt que les combattre”. Tout est dit ! Mais, surtout pas de panique : “gardons une lucidité d’avance” et “allons au contact”, “ Echanger, c'est respecter”, dixit Raffarinius. Wa, wahhhhh......
“Pollution à Harbin, extension de la grippe aviaire, explosion dans une mine... Les malheurs de la Chine deviennent des douleurs de la planète. La Chine est sortie de l'imagerie magique pour entrer dans notre univers médiatique quotidien. Le débat est lancé pour déterminer la date à laquelle l'économie chinoise rattrapera celle des Etats-Unis. Ce contexte nouveau révèle la prise de conscience mondiale de « l'émergence chinoise ». La France veut garder une lucidité d'avance quant à l'avenir de l'Asie et doit franchir une étape nouvelle de ses relations avec la Chine. On ne plaisante plus avec Claudel : « Que pensez-vous des Chinois ? Je ne les connais pas tous.» On ne peut plus voler «vers l'Orient compliqué » avec « des idées simples ». Le temps est venu pour un pacte stratégique d'amitié entre la France et la Chine. La stratégie plus l'amitié. .../... Les Français aiment et respectent les civilisations multimillénaires. Les années culturelles croisées ont été un grand succès. Il nous faut donner un prolongement à cette dynamique amicale. Les projets de nos premiers ministres Wen Jiabao et Dominique de Villepin, quant à une déclaration commune relative au développement des échanges des jeunes, constituent une partie majeure de la réponse. .../... Les centres Confucius, tel que celui créé à l'université de Poitiers, tout comme leurs homologues de l'alliance française, stimuleront ces échanges. ../... Les intellectuels des deux pays peuvent aussi débattre des idées qui marqueront le siècle naissant. .../... Les questions sont nombreuses : que peut apporter le « wa », « la pensée de l'harmonie » après un siècle d'affrontement ? Dialectique, dialogique ? Echanger, c'est respecter. L'amitié entre les peuples se nourrit de tels échanges, c'est la condition pour éviter, ici, les excès de la peur et, là-bas, en réponse, les excès du nationalisme..../... Nous devons ensuite rechercher les moyens et les méthodes de la pérennité d'une confiance durable. Première condition de cette confiance : la transparence de nos échanges sur nos préoccupations telles que la promotion et le respect des libertés et des droits, la protection de l'environnement et le développement durable, les choix énergétiques, la lutte contre les inégalités... Les progrès constatés sur l'échange d'informations relatives à la grippe aviaire sont de bon augure. .../... Les amis doivent pouvoir se parler, notamment dans les moments difficiles, comme j'avais tenu à le faire, sur place, pendant la crise du Sras. ../... Des entreprises françaises créent en Chine, des entreprises chinoises viendront aussi créer en France. Cette recherche d'équilibre n'est possible que dans le cas d'un pacte stratégique et d'amitié. Quand un pays, comme la Chine, avec vingt millions d'habitants de plus par an, crée ainsi « une France supplémentaire » tous les trois ans, notre devoir est d'aller au contact de son peuple, «le peuple le plus optimiste de la planète».
Fin de citation, sonner trompettes !
Une note vient éclairer le lecteur français sur la signification du "wa" qui est présenté comme, je cite encore, “une notion clé chez Confucius = concilier les forces opposées plutôt que les combattre”. Tout est dit ! Mais, surtout pas de panique : “gardons une lucidité d’avance” et “allons au contact”, “ Echanger, c'est respecter”, dixit Raffarinius. Wa, wahhhhh......
vendredi 11 novembre 2005
Bis repetita
J'étais bien confiant le 28 octobre dernier en claironnant un peu vite que j’étais enfin débarrassé de Confucius et de Lin Yutang. Erreur, double erreur, car me voilà à nouveau confronté à l’un et surtout à l’autre.
Pour faire court, voici en deux mots ce qui est arrivé.
Ma préface n’a pas plu : exit donc les 25 000 signes amoureusement agencés et les quelque 4000 mots par lesquels je tentais – avec beaucoup d’indulgence - de faire la part des choses afin de permettre au lecteur attentif de mieux apprécier la nature du livre qu’il allait lire. Peine perdue !, ce n’était « pas la bonne préface pour ce livre ».
Il fallait donc en refaire une, ou plutôt faire, enfin, la « bonne » préface, ou pour dire les choses autrement une préface mieux intentionnée, voir carrément laudative, qui soit en harmonie avec la volonté de l’éditeur de « favoriser la redécouverte de Lin Yutang et de proposer une lecture de Confucius, qui, malgré toutes ses lacunes et son caractère daté, en propose une vision personnelle et susceptible d'intéresser le grand public. »
Le grand public ! Eh ! C’est que je ne l'avais pas en tête, moi, le « grand public » en rédigeant un texte que j'ai mis en ligne afin que chacun puisse juger sur pièce. Il est vrai qu’il ne vaut mieux pas lui dire n’importe quoi au « grand public », sinon ... il n’achète pas.
Ceci dit en passant, ce n’est sûrement pas la teneur un peu critique d’une préface qui peut détourner un lecteur potentiel du passage à l’acte. La quatrième de couverture me semble plus déterminante dans les choix d’une fragile poussière de « grand public » qui fréquente encore les librairies et qui garde plus de trente secondes en mains un ouvrage qu’une couverture attrayante lui aura fait distinguer entre mille.
Bah ! Il n’y a pas de quoi faire un fromage et, du reste, il y a pire tourment que de devoir remettre l’ouvrage sur l’établi ?
En fouillant dans les documents accumulés ces derniers temps sur mes deux héros, je suis tombé sur la photo de la page d’accueil du site taïwanais dédié à Lin Yutang, photo reproduite ci-contre et sur laquelle le vieil homme arbore un sourire désarmant. En le regardant aussi satisfait de lui, comment en vouloir à cet homme d’avoir pondu un si mauvais livre ?
Reste en suspens une interrogation de fond : pourquoi tous ceux de mes amis qui ont eu un livre de Lin Yutang en mains, l’ont-ils aussi franchement détesté ? Serait-ce à cause (je cite) de son ‘indécrottable misogynie’, son ’opportunisme puant’, son ‘paternalisme rétrograde’ ou seulement son ‘manque de génie littéraire’ ? Je repousse l’examen de se problème à un futur lointain, en me disant qu’un auteur qui aime Li Yu ne peut pas être si « mauvais », mais il faudra bien un jour approfondir.
Mais finissons-en avec cette Sagesse. S’il s’agit comme je le pense d’une commande d’éditeur, je ne peux décemment pas lui reprocher de l’avoir fait, puisque ma collaboration sur ce projet n’était finalement motivée que par le … profit. Comme quoi, et c’est ce que les événements actuels et la vie nous prouvent tous les jours, c’est - je ne suis pas le seul à le penser de temps en temps - Xunzi, et non Kongzi et Mengzi, qui avait raison : "l’homme est naturellement mû par l'amour du profit !" 人之性,生而有好利焉。
Il n’empêche qu’il a des manières plus agréables de passer un 11 novembre.
C’est décidé, je n’accepterai plus n’importe quoi, ou alors, il faudra y mettre le prix. Nobody’s perfect.
Pour faire court, voici en deux mots ce qui est arrivé.
Ma préface n’a pas plu : exit donc les 25 000 signes amoureusement agencés et les quelque 4000 mots par lesquels je tentais – avec beaucoup d’indulgence - de faire la part des choses afin de permettre au lecteur attentif de mieux apprécier la nature du livre qu’il allait lire. Peine perdue !, ce n’était « pas la bonne préface pour ce livre ».
Il fallait donc en refaire une, ou plutôt faire, enfin, la « bonne » préface, ou pour dire les choses autrement une préface mieux intentionnée, voir carrément laudative, qui soit en harmonie avec la volonté de l’éditeur de « favoriser la redécouverte de Lin Yutang et de proposer une lecture de Confucius, qui, malgré toutes ses lacunes et son caractère daté, en propose une vision personnelle et susceptible d'intéresser le grand public. »
Le grand public ! Eh ! C’est que je ne l'avais pas en tête, moi, le « grand public » en rédigeant un texte que j'ai mis en ligne afin que chacun puisse juger sur pièce. Il est vrai qu’il ne vaut mieux pas lui dire n’importe quoi au « grand public », sinon ... il n’achète pas.
Ceci dit en passant, ce n’est sûrement pas la teneur un peu critique d’une préface qui peut détourner un lecteur potentiel du passage à l’acte. La quatrième de couverture me semble plus déterminante dans les choix d’une fragile poussière de « grand public » qui fréquente encore les librairies et qui garde plus de trente secondes en mains un ouvrage qu’une couverture attrayante lui aura fait distinguer entre mille.
Bah ! Il n’y a pas de quoi faire un fromage et, du reste, il y a pire tourment que de devoir remettre l’ouvrage sur l’établi ?
Reste en suspens une interrogation de fond : pourquoi tous ceux de mes amis qui ont eu un livre de Lin Yutang en mains, l’ont-ils aussi franchement détesté ? Serait-ce à cause (je cite) de son ‘indécrottable misogynie’, son ’opportunisme puant’, son ‘paternalisme rétrograde’ ou seulement son ‘manque de génie littéraire’ ? Je repousse l’examen de se problème à un futur lointain, en me disant qu’un auteur qui aime Li Yu ne peut pas être si « mauvais », mais il faudra bien un jour approfondir.
Mais finissons-en avec cette Sagesse. S’il s’agit comme je le pense d’une commande d’éditeur, je ne peux décemment pas lui reprocher de l’avoir fait, puisque ma collaboration sur ce projet n’était finalement motivée que par le … profit. Comme quoi, et c’est ce que les événements actuels et la vie nous prouvent tous les jours, c’est - je ne suis pas le seul à le penser de temps en temps - Xunzi, et non Kongzi et Mengzi, qui avait raison : "l’homme est naturellement mû par l'amour du profit !" 人之性,生而有好利焉。
Il n’empêche qu’il a des manières plus agréables de passer un 11 novembre.
C’est décidé, je n’accepterai plus n’importe quoi, ou alors, il faudra y mettre le prix. Nobody’s perfect.
Libellés :
Confucius,
Editions Philippe Picquier,
Lin Yutang
vendredi 28 octobre 2005
De Kong à Li
Un peu plus de sept mois se sont écoulés depuis la création de la rubrique Confusionisme dans ce PiKaBlog. Sept mois fort occupés. Celui qui s’achève le fut quasi exclusivement au toilettage de La Sagesse de Confucius pour les Editions Philippe Picquier. J’avais en mars dernier des doutes sur la nature du projet. Maintenant, j’ai des certitudes : The Wisdom of Confucius n’est pas un bon Lin Yutang.
Avec la fin de ce marathon somme toute enrichissant (bien que fort modestement rémunérateur), j’aspire à un court repos, repos que j’estime bien mérité n’en déplaise à ceux qui liront l’ouvrage en question dans quelques semaines. Malheureusement, les conditions pour en jouir ne sont pas réunies : un nouveau site à alimenter (PiK-UP) et du retard dans la mise à disposition de cours : patience, patience, svp, merci ! Dans tous les cas, je vais mettre un peu de distance entre moi et Confucius.
Par la même occasion, s’en est peut-être fini aussi (pour un temps au moins) de cette rubrique (en tout 26 entrées, celle-ci comprise). Elle m’aura été d’un grand secours pour rédiger la préface que je viens de livrer. On y retrouve beaucoup d’éléments égrainés au fil des mois du “Confucius de ...” à cette recherche en paternité de la latinisation du nom du Maître. Ceci administre la preuve qu’on ne perd pas forcément son temps à bloguer. Au contraire, c’est un excellent moyen d’accumuler des notes (plus ou moins rédigées) qui n’attendent qu’une occasion de prendre du service dans un autre contexte. Certes, certaines rubriques n’ont pas grand-chose à livrer à la postérité, mais elles n’en constituent pas moins un utile exutoire, et à ce titre, méritent d’exister.
Puisque je veux, dès que possible, me replonger dans Li Yu, je vais devoir créer une rubrique sur mon auteur chinois préféré. Mais comment l’appeler ? Certes, il n’y a pas le feu. Le projet qui va m’occuper dans les 18 mois à venir est la traduction du Shi’er lou de cet auteur d’exception. 12 nouvelles en tout ! Un gros morceau.
jeudi 6 octobre 2005
Hot Confucius Institute
• l''info', c'est que, comme on peut le lire dans un article du Monde.fr (édition papier du 5/10/2005) signé Catherine Rollot, "le premier Institut Confucius en France s'installe à l'université de Poitiers" et qu'il a été inauguré, lundi 3 octobre, à la faculté des lettres et langues : Comme tous les instituts qui portent le nom du penseur chinois (551-479 av. J.-C.), actuellement une trentaine dans le monde, celui de Poitiers aura pour mission de faire mieux connaître à l'étranger la langue et la culture chinoises. Habilité par le ministère chinois de l'éducation, l'Institut Confucius est né d'un partenariat entre l'université française et l'université de Nanchang (province du Jiangxi, dans le sud de la Chine), auquel s'est jointe une entreprise de télécommunication chinoise, ZTE, basée à Shenzhen. Dès janvier 2006, le centre proposera des cours de chinois, du niveau "débutants" au niveau "confirmés", mais aussi des modules de civilisation asiatique ainsi que la préparation au test de langue HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi), l'équivalent du TOEFL (Test of English as a Foreign Language) pour la langue chinoise. La même 'info' est diffusée par le People Daily via China.org ainsi que par le site de l'Université de Poitiers ; rien de réfutable, donc, dans cette présentation, sinon peut-être le nombre - “une trentaine” -, d’Instituts Confucius déjà créés de par le monde. |
| • l''intox', c'est ce qu'on peut lire à la fin du même article du Monde, à savoir que "deux centres, l'un à Aix- Marseille et l'autre dans le cadre de l'université Paris-VII, pourraient ouvrir dans les prochains mois". Je ne sais pas ce qu'il en est pour Paris VII, mais il me semble que du côté d'Aix, au moins, on soit encore fort loin de voir arriver le moment de sabrer le champagne à la santé du grand homme, devenu, par la volonté chinoise, étendard de la culture d'un pays, comme Gœthe pour les Allemands. Si jamais un Kongzi xueyuan 孔子学院 devait finalement voir le jour à Aix-en-Provence, ce ne serait sûrement pas dans les “prochains mois”. Car, si l'on en croit une vieille 'info' (11/3/2005) du même service autorisé chinois, lequel rappelle que le premier IC a ouvert ses portes à Séoul en novembre 2004, et que le premier IC européen existe à Stockholm depuis février 2005, on n'ouvre pas un IC en claquant des doigts. |
Vraisemblablement l'université française n'a pas plus tenu les délais, que rempli ses engagements financiers. Le Service communication de l'Université a trouvé une formule très adaptée à la situation : l'IC est en cours d’installation dans la Faculté des Lettres et Langues de l’Université de Poitiers mais un bâtiment spécifique pourrait lui être dédié à terme afin de mieux répondre aux besoins des utilisateurs. Donc affaire à suivre, autant là-bas, qu’ici.
Pour les curieux, la mission des Instituts Confucius est bien clairement définie (en français) sur le site du NOCFL, comprendre (China) National Office for Teaching Chinese as a Foreign Language. (La même chose existe aussi en chinois et en anglais). Notez au passage l'animation du bandeau sur lequel on peut lire la devise 向世界推广汉语 , 增进世界各国对中国的了解 ! Un bien beau programme.
jeudi 22 septembre 2005
Confusedius
| Le jeu consiste à retrouver la langue et/ou le (ou les) ouvrage(s) qui font usage de ces 6 + 33 différentes transcriptions. Il n'y a rien à gagner cette fois et, en plus, la liste risque de s'allonger (et oui, c'est déjà le cas grâce à Lin Yutang et à son traducteur). Un grand merci à celles et ceux qui ont déjà contribué à l'établir. |
lundi 19 septembre 2005
Visages du Maître
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